pétition au gouvernement français : ne rendez pas l’accouchement à domicile impossible

Parce qu’il nous est évident qu’entraver la pratique des rares sage-femmes qui accompagnent les naissances à la maison est une atteinte certaine à la liberté fondamentale des femmes de pouvoir disposer de leur corps, à la liberté des parents de choisir les conditions d’accueil de leur bébé, à la possibilité de celui-ci de pouvoir naître dans la douceur et l’intimité de son foyer… défendons le droit de choisir son accouchement.

En France, il existe une obligation de paiement d’une assurance pour les sages femmes libérales. Pour celles pratiquant l’accouchement à domicile, le montant est prohibitif, ce qui les met dans l’impossibilité de le payer. Récemment, il leur a été signifié par l’Etat et l’ordre des sages femmes, qu’en exerçant ainsi et sans attestation d’assurance à présenter au 1er octobre, elles seront passibles de sanctions lourdes, telles que la radiation de l’ordre et ainsi l’interdiction d’exercer, avec la possibilité de sanctions pénales. La conséquence directe sera l’abandon de ces sages femmes de leur pratique des accouchements à domicile, privant ainsi les couples de leur droit de s’adresser au professionnel de santé de leur choix.

le lien de la pétition :
https://www.change.org/fr/pétitions/au-gouvernement-français-ne-rendez-pas-l-accouchement-à-domicile-impossible

le groupe Facebook correspondant : http://www.facebook.com/choisirsonaccouchement?hc_location=stream

un blog : http://choisirsonaccouchement.wordpress.com

et s’il était encore besoin de se justifier, un article parmi tant d’autres : La science encourage l’accouchement à la maison

« Entre leurs mains » cherche coproducteurs

Entre leurs mains
Entre leurs mains

La bande-annonce est un régal :

Les auteurs de ce film cherchent des fonds, il leur manque à ce jour 2310 euros, c’est-à-dire rien du tout comparé aux budgets habituels. On peut donner 10 euros, devenir officiellement co-producteur, et ça ouvre le droit de regarder le film en entier, ça les vaut !

Toutes les infos sont là :
https://www.touscoprod.com/entreleursmains

Augustine à la lumière de « Enquête aux archives Freud »…

Augustine, le film d’Alice Winocour sorti tout récemment raconte l’histoire d’une jeune domestique atteinte d’hystérie, et de son hospitalisation dans le service du professeur Jean-Martin Charcot, à l’hôpital de la Salpêtrière, à la fin du 19ème siècle. A la lumière de Enquête aux archives Freud, notre dernier livre, ce beau film sensible prend soudain

Charcot au chevet d'Augustine
Charcot au chevet d'Augustine
tout son sens. Comme Jeffrey Masson nous le rappelle, Freud a effectué un séjour d’études à Paris dans le service du professeur Charcot, qui a eu une influence déterminante dans son parcours, et déjà dans son intérêt pour l’hystérie.
Maladie propre à cette époque, l’hystérie féminine, spectaculaire et mystérieuse, avec ses troublants symptômes sexuels, s’expose alors, au sein même de l’hôpital, comme un divertissement morbide auquel assistent médecins, notables et curieux, les célèbres leçons de Charcot.
Alice Winocour sait brillament en rendre l’atmosphère oppressante, la solitude de la patiente bête de foire, hypnotisée et conditionnée (elle fait dire à Charcot que la patiente est « exercée ») à reproduire les crises sous hypnose, se roulant et se tordant dans des attitudes explicites, obéissant à ce qui est attendu d’elle ; lorsqu’on comprend l’aura qu’exerce Charcot, il apparaît bien que le jeu est trouble, qu’être une patiente docile est la seule issue pour échapper au terrible enfermement hospitalier en attirant l’attention du maître, dans l’espoir de guérir…
La scène de la première crise d’hystérie d’Augustine, lorsqu’elle sert à table, fait extraordinairement écho à la première théorie de Freud sur l’origine de l’hystérie, c’est-à-dire les abus sexuels subis dans l’enfance : Augustine tombe au sol, se tord et se débat, en suppliant « Arrête, arrête… » et en tentant d’éloigner des mains imaginaires qui l’étrangleraient : pourrait-on mieux montrer qu’elle revit la terreur d’un abus subi à un âge où elle n’avait pu ni se défendre, ni le comprendre ?
Et comment s’étonner, au vu de l’absence complète de considération pour les femmes, encore plus les femmes pauvres et malades, dans le service de Charcot (manipulées, dénudées, droguées, attachées), conforme sans doute aux moeurs de l’époque, que l’idée même qu’un abus puisse les rendre malades n’aurait eu aucun sens pour les médecins de l’époque ?
Le film n’est cependant pas manichéen et fait oeuvre épistémologique en montrant aussi la quête tragique du médecin, devant des mystères qui le dépassent, qu’il tente d’élucider à l’aide de moyens dont les progrès de notre époque soulignent le côté terriblement dérisoire, de conceptions formelles mais irrationnelles et aléatoires… Il est cependant effrayant de constater que certaines sont encore à l’oeuvre pour les psychanalystes d’aujourd’hui, au travers d’une des idées les plus dictatoriales de la psychanalyse, la notion (complètement fictive, ainsi que l’ont fermement démontré les approches neuro-cognitives) de déplacement de symptôme dont on devine que Freud l’a reprise à Charcot, qui constatait, totalement démuni, les paralysies sans cause organique passant comme magiquement de l’oeil au bras…
Ce film vient donc bien à l’appui de la première théorie de Freud sur l’étiologie de l’hystérie, l’abus sexuel, tout en nous montrant, en complément au travail de Jeffrey Masson, dans quel contexte social -l’inexistence de la dignité des femmes-, académique -éternels jeux de pouvoir et d’influence avec les financeurs et les dispensateurs d’honneurs – et scientifique -une médecine entièrement démunie et inopérante, tant dans ses concepts que dans ses outils-, Freud l’a abandonnée pour inventer la théorie des pulsions, contre les dégâts de laquelle la lutte est encore inachevée.
Toute la mélancolie d'Augustine jouée par l'actrice Soko
Toute la mélancolie d'Augustine jouée par l'actrice Soko

Violence lors de l’accouchement : campagne d’Amnesty International

img_web_0viewAmnesty International a lancé une campagne virale aussi originale que nécessaire : une vidéo dénonçant des conditions d’accouchement  violentes en Uruguay devait atteindre « zéro vues » sur internet. Une formule rhétorique bien entendu, puisque l’objectif était véritablement que 44000 personnes voient cette vidéo, le compteur décrémentant de 1 à chaque visionnage, au lieu de l’augmenter.

44000, c’est aussi le nombre de femmes qui donnent naissance chaque année en Uruguay.

L’objectif d’Amnesty a été atteint. On peut néanmoins toujours regarder cette vidéo sur leur site. La partie la plus désolante de cette histoire, c’est qu’il est bien inutile de chercher au bout du monde des exemples de mauvais traitements dans les maternités : nombre de femmes françaises y reconnaitront sans peine les conditions de leur propre accouchement. Tout ce qui a été dénoncé (notamment dans nos livres : « le bébé est un mammifère« , « passage de vies« , « curiosités des l’enfantement« ) s’y trouve : le corps de la femme traité comme un objet, remarques infantilisantes (« vous avez vraiment assisté aux cours de préparation à la naissance ? »), humiliantes (« Coopérez, coopérez ! »), culpabilisantes (« vous voulez perdre le bébé ? »), tout ce qui peut contribuer à rendre un accouchement difficile est là. La fin de l’histoire est hélas sans surprise : la maman, soumise à un tel stress, ne pouvant pas dilater assez vite du point de vue du médecin, est envoyée au bloc pour une césarienne…

0 Views: Un video que deberíamos dejar de ver. from Amnistía Uruguay on Vimeo.

 

No mammo ? Enquête sur le dépistage du cancer du sein, Rachel Campergue, éditions Max Milo, 2011

51je-v0ex3l_ss500_1 No mammo ? Rachel Campergue est kinésithérapeute ; elle est aussi vidéaste, engagée dans la préservation de la faune polynésienne. C’est en tant que simple patiente orientée « mécaniquement » vers le dépistage du cancer du sein par mammographie qu’elle s’est interrogée sur cet examen : son historique, ses résultats, ses risques et ses bénéfices ; ainsi que plus largement sur ce que représente, dans les sociétés occidentales, le cancer du sein.
Le résultat est un livre de presque 500 pages, extrêmement documenté, très facile à lire malgré quelques longueurs qu’on lui pardonne bien volontiers, tant Rachel Campergue fait œuvre utile et admirable. (Point de vue que partage le médecin généraliste blogueur Docteur du 16, en qualifiant l’ouvrage de Rachel Campergue de « livre de référence ». Je renvoie à l’excellente note qu’il y a consacrée pour les références médicales précises : http://docteurdu16.blogspot.fr/2011/11/no-mammo-de-rachel-campergue-un-livre.html).
Rachel Campergue commence par un décryptage du marketing indécent autour d’ « Octobre Rose », puisque ce mois est consacré dans de nombreux pays à la promotion quasiment publicitaire des mammographies de dépistage ; de nombreuses marques se raccrochent opportunément à cet événement pour améliorer leur image, en se contentant de rosir (littéralement) leurs emballages ou leurs produits, et de reverser un pourcentage ridicule de leurs bénéfices à des associations de lutte contre le cancer du sein, dont Rachel Campergue nous apprend qu’elles se consacrent en fait presque uniquement à la diffusion d’appareils de mammographie. Dès cet instant, on touche du doigt une des principales fraudes autour du cancer du sein : la confusion – délibérée ?- entre dépistage, c’est-à-dire détection d’une maladie, et prévention, c’est-à-dire empêchement de sa survenue. Au vu des entreprises qui participent à Octobre Rose, dont certaines fabriquent des produits alimentaires, cosmétiques, ou même des voitures, et qui donc contribuent à créer des cancers, on mesure l’odieuse hypocrisie de la situation. Modifier leurs produits auraient un impact infiniment plus grand sur la prévention du cancer, que les quelques dollars qu’elles reversent presque directement aux fabricants de mammographes.
Rachel Campergue en profite pour souligner l’infantilisation humiliante dont sont victimes les femmes lorsqu’il est question du cancer du sein : les malades, submergées de cadeaux promotionnels tels que des crayons de couleur, du maquillage et des peluches, censés les aider à soutenir leur moral ; et toutes les autres femmes, via les incitations mi-paternalistes mi-comminatoires à se soumettre au dépistage. Elle décrypte brillamment les courriers adressés systématiquement aux femmes entre 50 et 70 ans dans les pays où le dépistage généralisé est organisé ; on ne peut pas ne pas remarquer ces affiches un peu partout, puisque les départements sont en charge de ce dépistage, et montrent aux arrêts de bus les femmes « responsables » qui se prêtent docilement à cet examen, financé par le contribuable.
On peut aussi penser à la tentative d’influencer les femmes via les people (cf ma précédente note sur l’allaitement !), avec les photos dénudées de « stars » qui sont supposées définitivement convaincantes. Ou encore cette femme, l’air grave, dont on affirme, qu’en « montrant ses seins », elle a « sauvé sa vie ».
Or, et c’est là que le bât blesse, il n’est malheureusement pas du tout certain que « montrer ses seins » contribue à sauver des vies. C’est la conclusion iconoclaste, dérangeante et finalement inconfortable de chercheurs scandinaves, qui ont calculé qu’il n’y avait pas d’effet positif sur le taux de mortalité générale entre les femmes dépistées et les femmes non dépistées…
Le dépistage, c’est essentiellement la mammographie, examen radiologique des seins, nécessitant de les écraser entre deux plaques, et destiné à repérer des modifications du tissu mammaire susceptibles de signaler une prolifération de cellules malignes. D’emblée, Rachel Campergue souligne que le caractère douloureux de cet examen s’inscrit dans la triste lignée de la maltraitance du corps des femmes par la médecine, et son analogie avec une improbable « testiculographie » qui n’aurait bien sûr jamais pu avoir lieu dans les mêmes conditions, est particulièrement révélatrice. Rachel Campergue, en tant que kinésithérapeute ayant appris que toute zone suspecte de tumeur ou d’infection ne doit pas être massée ou pressée, s’interroge d’ailleurs extrêmement justement sur les effets de cette compression sur un tissu qu’on suspecte d’être cancéreux… C’est manifestement la seule.
Comme dans tous les examens radiologiques, la dose reçue aussi pose question ; elle a été calculée pour un « sein moyen », ce qui implique que les « seins non moyens » ne reçoivent pas la dose « optimale » ; mais, les coups de fil qu’elle a passé en témoignent, les radiologues minimisent drastiquement la réalité des doses reçues, ou le fait que cela puisse poser problème.
Et c’est là un autre aspect fort dérangeant de la mammographie : le risque de cancer radio-induit, d’autant plus grand que la femme qui la passe est jeune (non ménopausée) et pire, prédisposée génétiquement au cancer du sein… Que ceux et celles dont les voix s’élèvent pour réclamer des mammographies de plus en plus précoces s’informent sur cet aspect des choses…
Nouvel élément perturbant, le taux de « cancer », détecté par les mammographies, ne cesse d’augmenter ; on dit « cancer », mais il s’agit en réalité d’ « images » radiologiques jugées non conformes (avec là aussi, Rachel Campergue le documente parfaitement, toutes les imprécisions liées à l’interprétation humaine, entrainant faux positifs et négatifs). Parmi ces images certaines sont de vrais cancers, d’autres des anomalies bénignes, et pour d’autres, enfin, et ceci est démontré par des études qui ont analysé des écarts de temps variables entre deux mammographies successives, des cancers qui régressent tout seuls.
Car ce à quoi conduit finalement la mammographie, c’est à s’interroger sur ce qu’est réellement un cancer, et un cancer qui va tuer son hôtesse. Et cela reste encore très mystérieux pour les médecins. « Dans le doute », toute anomalie détectée par la mammographie et confirmée par la biopsie est traitée comme un cancer, avec les effets secondaires très pénibles des traitements. Et il est clairement établi et reconnu que certaines femmes sont ainsi traitées pour une « pathologie » qui n’aurait pas eu d’effet néfaste sur leur santé.
Au final, Rachel Campergue ne prend pas parti pour ou contre l’examen, elle le démystifie : non, il n’est pas l’assurance absolue anti-cancer du sein, qui nous garantirait, pour peu qu’on le subisse sagement tous les deux ans, de ne jamais mourir de cette maladie ; oui, il a des effets secondaires qu’il est nécessaire de connaître pour faire un choix éclairé, qu’il s’agisse de le subir, ou de s’en passer, les deux attitudes étant justifiables sur le plan médical. Rachel Campergue nous place face à notre propre responsabilité vis-à-vis de notre santé, en tant qu’adulte, en tant qu’humain soumis aux incertitudes de la vie et sa condition de mortel, là où tant d’autres, motivés par leur intérêt financier, tentent de nous infantiliser et de nous déresponsabiliser.
Rachel Campergue ne nie absolument pas le drame que représente la maladie, mais elle ne nous laisse pas être abusées par de fausses promesses, et surtout, elle montre à quel point la véritable lutte contre le cancer du sein, c’est-à-dire contre ses causes (au premier rang desquelles la pollution chimique et les perturbateurs endocriniens), est finalement abandonnée : ce qui constitue le vrai scandale et la vraie offense aux vraies malades.