Données scientifiques : l’accouchement à domicile en danger, appel à contribution

felix-aAppel à celles et ceux qui se sentent concernés par l’accouchement à domicile !
Contribuez à une réponse aux personnalités de l’obstétrique qui menacent la liberté d’accoucher chez soi.

Pourquoi c’est important ? Parce que connaitre l’argumentaire des opposants permet, dans le meilleur des cas, un véritable dialogue, et, dans le pire des cas, de ne pas se laisser influencer par un discours paternaliste et infantilisant.

Apportez vos chiffres, vos références, votre lecture…

Voici ce dont il s’agit :

Le Dr Chervenak est un obstétricien renommé aux USA. Il est très impliqué dans la lutte contre l’accouchement à domicile. Dans un article récemment paru, qu’il a présenté en Juin 2012 au Congrès de Médecine périnatale à Paris (à télécharger ici : chervenakal2013), il enjoint vigoureusement les praticiens de santé obstétrique à décourager tout projet d’accouchement à domicile (AAD).

Joignons nos esprits critiques pour examiner dans le détail ses arguments, en identifiant ceux qui sont fallacieux tout en considérant ceux qui sont légitimes.
C’est une double nécessité :
– d’une part parce que les médecins qui vont relayer le discours du Dr Chervenak ne prendront hélas pas tous le temps de vérifier les sources de ce dernier
– et d’autre part, parce que si le Dr Chervenak a effectivement identifié une source réelle de danger pour la mère ou l’enfant dans le cadre de l’AAD, il est nécessaire de fournir cette information aux mères qui projettent d’accoucher chez elles afin qu’elles prennent leur décision en connaissance de cause, suivant le principe du consentement éclairé.

Voici ce que disent, en résumé, le Dr Chervenak et ses collègues :
– un professionnel qui soutient l’AAD agit de façon irresponsable
– le risque de décès du nouveau-né est multiplié par 2 à 3 dans le cas d’AAD. Il ne cite qu’une seule étude pour étayer cette estimation, l’étude de Wax et al. 2010, que nous examinerons plus bas
– lorsque le transfert hospitalier en urgence est nécessaire, le risque de mortalité périnatale est multiplié par 8. Notez qu’il s’agit là d’une étude australienne où les distances à parcourir pour arriver à l’hôpital sont conséquentes.
– Il affirme que le taux de transfert hospitalier en cours de travail correspond à 17% des multipares et 49% des nullipares (chiffres des pays-bas).
– Toutefois, les auteurs ne sont pas parvenus a trouver de différences significatives concernant le risque pour le bébé et pour la mère aux pays-bas entre les naissances prévues à la maison et les naissances prévues à l’hôpital. Ils se penchent sur les chiffres australiens cités plus haut. Ces chiffres ne montrent pas non plus de différence, sauf dans le cas de décès par asphyxie in utero (au cours du transport peut-on supposer).
– Les auteurs notent que l’absence d’un système de transport adapté au travail en cours augmente potentiellement le risque associé au transfert hospitalier (on ne peut qu’être d’accord).
ils considèrent que la responsabilité médicale de prendre soin de la parturiente et du bébé ne doit pas être subordonnée aux droits des femmes de prendre des décisions concernant leur corps.
– Il affirme qu’un professionnel de santé ne peut pas considérer l’AAD comme « médicalement raisonnable » et que sa responsabilité professionnelle lui interdit de participer à ce type de projet.
– Ils concluent en écrivant que les partisans de l’AAD sont un exemple frappant de ce qui se passe quand l’idéologie remplace le jugement professionnel*.

Concernant la seule étude qu’ils citent pour leur argument central, à savoir que le risque de décès du nouveau-né est multiplié par 2.87, les auteurs de l’étude (Wax et al., 2010 , à lire ici : wax et al ) mentionnent que les échantillons sont faibles pour considérer que le chiffre est fiable, mais qu’il est essentiel de réaliser de nouvelles analyses afin de vérifier ce chiffre et, le cas échéant, pour pouvoir identifier les facteurs de risques et ainsi réduire ce taux de décès. On ne peut qu’être d’accord. Les auteurs montrent par ailleurs que tous les autres risques pour la mère et le fétus dans le cadre d’une naissance à domicile sont soit équivalents, soit significativement inférieurs à ceux observés dans le cadre d’une naissance à l’hôpital. Pourtant, les auteurs ne peuvent pas être soupçonnés, si on en croit le ton de l’article, d’être favorables à l’AAD.

On peut télécharger ici les textes des articles de Chervenak et al. et de Wax et al. chervenakal2013 , wax-etal

*j’y vois un bel effet de « c’est celui qui dit qui y est » puisqu’ils ne mentionnent à aucun moment les bénéfices démontrés pour la mère, y compris ceux qui sont détaillés dans l’étude de Wax et al., sur laquelle ils s’appuient pourtant fortement. Le choix d’un langage sensationnel (on pourrait s’amuser à compter le nombre d’occurrences des termes comme « professional », « responsability » et « compassionate ») déroge en soi au formalisme scientifique auquel les auteurs font appel dans leur argumentaire.

pétition au gouvernement français : ne rendez pas l’accouchement à domicile impossible

Parce qu’il nous est évident qu’entraver la pratique des rares sage-femmes qui accompagnent les naissances à la maison est une atteinte certaine à la liberté fondamentale des femmes de pouvoir disposer de leur corps, à la liberté des parents de choisir les conditions d’accueil de leur bébé, à la possibilité de celui-ci de pouvoir naître dans la douceur et l’intimité de son foyer… défendons le droit de choisir son accouchement.

En France, il existe une obligation de paiement d’une assurance pour les sages femmes libérales. Pour celles pratiquant l’accouchement à domicile, le montant est prohibitif, ce qui les met dans l’impossibilité de le payer. Récemment, il leur a été signifié par l’Etat et l’ordre des sages femmes, qu’en exerçant ainsi et sans attestation d’assurance à présenter au 1er octobre, elles seront passibles de sanctions lourdes, telles que la radiation de l’ordre et ainsi l’interdiction d’exercer, avec la possibilité de sanctions pénales. La conséquence directe sera l’abandon de ces sages femmes de leur pratique des accouchements à domicile, privant ainsi les couples de leur droit de s’adresser au professionnel de santé de leur choix.

le lien de la pétition :
https://www.change.org/fr/pétitions/au-gouvernement-français-ne-rendez-pas-l-accouchement-à-domicile-impossible

le groupe Facebook correspondant : http://www.facebook.com/choisirsonaccouchement?hc_location=stream

un blog : http://choisirsonaccouchement.wordpress.com

et s’il était encore besoin de se justifier, un article parmi tant d’autres : La science encourage l’accouchement à la maison