Quand une grande marque déshabille leurs mannequins mais refuse à une mère d’allaiter son enfant…

tt-bbCertains crient au loup, d’autres passent leur chemin, d’autres encore refusent de voir de la discrimination et parlent d’un « incident regrettable », mais il serait dommageable de minimiser l’impact de tous ceux qui ne veulent pas lâcher prise suite à l’affaire Célio qui a refusé à une maman qu’elle allaite son enfant. Voir le dernier article sur ce blog, les détails sont dans les articles précédents : http://editionsduhetre.fr/?p=1288.
Nous vivons une époque formidable ! On arme les enfants dès l’âge de 5 ans avec de véritables armes, on donne le modèle d’une escort girl mineure comme vie de rêve à nos toutes jeunes filles à peine sorties de l’enfance, mais lorsqu’il s’agit de nourrir son enfant au sein niet !
Oui il s’agit bien de nourrir, je vois vos sourires, ce n’est pas le fait de nourrir qui gêne ? c’est le sein ? Ah pardon ! J’oubliais que dans l’époque formidable que nous vivons nous ne pouvons pas dévoiler cette partie intime de l’anatomie féminine….
Jusqu’où faut-il aller pour réveiller les consciences ? A commencer puisque c’est de cela qu’il s’agit par respecter le droit fondamental d’une femme d’allaiter ? Allaiter est naturel, autant que manger ou dormir. La différence réside principalement dans le fait qu’allaiter un bébé est une occupation à quasi plein temps… alors il faudrait donc enfermer ces mères entre 4 murs ?
Si l’on a besoin de se révolter contre le monde entier, les raisons sont nombreuses, les deux exemples cités plus haut n’en sont qu’une toute petite pointe de l’iceberg… et non seulement ainsi on laisse tranquillement les femmes faire ce magnifique travail qu’est celui de mère, mais on pourrait même les soutenir, les encourager, un sourire à cette maman qui allaite, une mot réconfortant pour cette autre maman qui console son petit qui pleure de frustrations sont autant de gestes qui faciliteront la vie pour tous.
Quant à la direction de Célio, j’ose espérer qu’ils vont considérer ce « déplorable incident » comme il se doit et témoigner d’excuses sincères auprès de la maman.
Pour conclure en ouvrant le débat, il serait très intéressant de savoir comment Célio gère les congés maternité et puis tiens, l’heure légale pour allaitement ? Mesdames les employées de Célio, êtes-vous libre de disposer de cette heure pour allaiter votre enfant ? Enfin messieurs les employés de Célio, vous sentez-vous libres de prendre un congé parental ou des congés pour enfant malade sans mettre en péril votre carrière ?

Victorine

encore la couverture du Times : Alanis Morisette à propos de l’attachment parenting

2012-06-06-timeAvez-vous vu ce joli article de la musicienne Alanis Morissette à propos de l’attachment parenting, en réaction à la controverse qui a suivi la couverture du Times (reproduite ci-contre) avec un bambin debout sur une chaise en train de téter ? Il se trouve sur le site du Huffington Post : www.huffingtonpost.fr/alanis-morisette/attachement-parental…
Attention à la traduction néanmoins, attachment parenting a été retranscrit en « attachement parental »… cela nous semble propre à confusion. En effet, il est évident que tout parent, quelles que soient ses pratiques, est attaché à son enfant (et fait de son mieux) ! Comme Alanis Morissette l’explique très bien, l’expression attachment parenting se refère à la période dite d’attachement, ce moment de la petite enfance où le bébé est dépendant des adultes pour subvenir à tous ses besoins, qu’ils soient physiques ou émotionnels. La période d’attachement est alors suivie de la période d’exploration, les deux se succédant dans une intrication parfois désarmante. Les parents qui se retrouvent dans les idées de l’attachment parenting s’appliquent à vivre au mieux ce continuum, de la grossesse à l’indépendance peu à peu acquise du bambin, et cela passe généralement, dans la mesure du possible et du respect de tous, par l’allaitement vers le sevrage naturel ou le portage du bébé. Attachement parenting se traduirait alors littéralement par parentage de l’attachement, mais on parle plutôt de parentage proximal, maternage proximal ou plus simplement maternage.

deux papas en plein paternage
deux papas en plein paternage
Alanis Morissette rappelle aussi qu’il s’agit surtout de faire confiance aux capacités de l’enfant ! ce qui, je crois, exprime bien nos convictions profondes, que ce soit pour l’allaitement ou pour les apprentissages !
Toujours à propos de cette couverture du Times, vous pouvez lire l’éditorial de La Leche League France www.lllfrance.org/Editos-Page-d-accueil/Une-photo-de-couverture-qui-fait-debat…
Tout ceci met en tout cas un coup de projecteur sur une réalité : l’allaitement des bambins. Celui-ci n’a pas souvent la faveur des médias, mais est néanmoins une réalité biologique et sociologique, qui fait partie du quotidien de nombreuses mères à travers le monde et les différentes cultures

Elle, 15 juin 2012, « Gare aux hyper-mères ? », Danièle Gerkens

Intéressant article ce vendredi dans Elle « Gare aux hyper-mères ? », que signe Danièle Gerkens. Suivant cette tendance qu’a la presse de parler de ce dont parle la presse, il s’agit d’un commentaire français sur la couverture du récent numéro du Times, où l’on voyait une jeune maman, manifestement moderne et épanouie, allaiter son fils de presque 4 ans. Cette couverture a entraîné des débats passionnés aux Etats-Unis, autour de celui qui serait le « nouveau » gourou, le pédiatre pro-attachement parenting, William Sears ( pour les anglophones le site www.askdrsears.com/) .
Je mets « nouveau » entre guillemets, car en France, la Leche League diffuse les superbes ouvrages du Dr Sears depuis au moins 1999, l’année où j’ai acheté Etre parents le jour, la nuit aussi, unique livre francophone disponible à l’époque à traiter lucidement des « problèmes » de sommeil de l’enfant, face à une littérature psychologisante française arc-boutée sur les « données » dépassées de la psychanalyse.
C’est à l’époque peut-être que la presse aurait fait œuvre d’esprit d’investigation en publiant un article à ce sujet !
Peu de chiffres fiables sur ce « phénomène des hyper-mères », nous dit Danièle Gerkens, s’appuyant essentiellement sur le taux d’allaitement, en croissance continue depuis les années 1970. Les femmes qui font ce choix s’appuient certainement plus sur leurs propres connaissances scientifiques, sur leur envie ou leur instinct, que sur « les people qui revendiquent le sein nourricier »…
Danièle Gerkens reprend l’hypothèse explicative de la réaction de ces femmes nées dans les années 1970 à la propre absence de maternage de leurs mères, trop investies dans leurs carrières, notamment régulièrement avancée par l’incontournable Elisabeth Badinter, qui vient d’ailleurs bien entendu donner son opinion dans l’interview qui clôt l’article. Il est probable que cette hypothèse ne résisterait guère à une analyse sociologique sérieuse quant au taux réel de femmes menant de véritables carrières de haut niveau. Il est probable aussi que pour un certain nombre de ces femmes, il y a aussi eu une part de transmission des valeurs maternelles par leur propre mère. Il est certain, surtout, que les mères actuelles ne se définissent pas nécessairement en référence aux mères des années 1970, parce que le monde a changé, quelque difficile que cela soit à intégrer pour les « féministes historiques », parce les mères actuelles ont leur autonomie de pensée et d’action, qu’elles ont des ressources intellectuelles et relationnelles nouvelles –et en premier lieu Internet, dont on ne dira jamais assez la puissance de diffusion d’idées et de modèles innovants, créateurs, anticonformistes, libérés des influences institutionnelles classiques, en l’occurrence les médecins mal informés dont les congrès sont encore de nos jours subventionnés par les fabricants de lait en poudre, et les psychologues et psychanalystes, spécifiquement en France, constitutivement imprégnés d’hypothèses datant de la Vienne patriarcale du début du 20e siècle.
Car bien sûr, ce qui est opposé aux hyper-mères, ce sont ces propos objectivement risibles des tenantes de ce courant : « Allaiter au long cours un enfant qui a déjà des dents, c’est lui demander de réprimer son agressivité, inhiber son désir de mordre le monde, ce qui peut induire des difficultés à grandir » (Maryse Vaillant). Certains bébés ayant des dents dès l’âge de 5 mois, comment comprendre que les autorités officielles de santé française, suivant en cela l’OMS (qui représentant l’ensemble des communautés médicales du monde, est sans doute détachée des références théoriques de Madame Vaillant) recommandent l’allaitement jusqu’à 2 ans, au risque d’induire des difficultés à grandir ? Ou peut-être que ce risque est purement imaginaire ? On pourrait même retourner cette assertion boiteuse, puisque réprimer son agressivité peut aussi sembler un objectif souhaitable, comme ne cessent de nous le montrer tant de terribles exemples dans le monde. L’indispensablement citée Claude Halmos avance à nouveau son unique argument à ce sujet : « Allaiter au long cours et dormir avec son enfant, c’est brouiller les repères et perturber les étapes de sa construction psychique. ». Nous attendons toujours les recherches scientifiques sérieuses qui viendraient à l’appui de cette affirmation, puisque nous n’avons pas, nous, la prétention d’élever au rang de vérité les pourtant innombrables exemples dans nos familles et nos entourages d’enfants « allaités au long cours et ayant dormi avec leurs parents » dont « la construction psychique » semble satisfaisante. Un espoir cependant pour Madame Halmos, les enfants dans ce cas étant de plus en plus nombreux, ces études pourront bientôt être menées de façon fiable, et conduiront sans doute à renforcer – plus qu’à redéfinir, car de nombreuses théories alternatives actuelles fécondes existent déjà, seulement elles restent encore trop souvent inexplicablement bloquées aux frontières françaises – une conception « des étapes de la construction psychique » ne s’appuyant pas sur des hypothèses datant d’un siècle.

l'hyper-père, compagnon de l'hyper-mère
l'hyper-père, compagnon de l'hyper-mère
Merci enfin à Danièle Gerkens de ne pas donner le dernier mot à ces menaces archaïques, et d’inviter plutôt à voir dans ce maternage assumé « les prémices d’une nouvelle voie », qu’empruntent, chacune à leur façon, avec le père de leurs enfants, avec ce qu’elles sont, dans les joies et les difficultés de la vie réelle, « les femmes indépendantes, rétives à toutes les injonctions et à toutes les normes, bien décidées à inventer leur propre définition d’une maternité épanouie ».

Marlène Martin.

Allaitement interdit chez Mac

Parce qu’en ces temps devenus plus « cléments » pour l’allaitement, je pensais naïvement qu’allaiter ne pouvait être choquant lorsqu’il s’agit d’un tout jeune bébé… parce que je suis en colère face à autant d’imbécilité, parce que ce monde ne tourne pas rond, parce que je ne peux pas assister sans réaction, parce que…

Une mère avec son bébé de 3 mois mise à la porte de la boutique « Mac » de Paris le 31 mars au motif qu’elle allaitait son bébé et que c’était choquant ! La maman raconte.

Merci de relayer ce témoignage aux fins de faire bouger un peu ces mentalités quelques peu sclérosées…

Marie Australe

Marie Australe vit en région parisienne. Mère de deux enfants, elle est une militante reconnue du respect de l’enfant. La parentalité sans violence, le maternage, l’instruction en famille, la lutte contre la violence éducative sont autant de préoccupations qui lui tiennent à cœur. Elle se positionne résolument du coté des enfants, et apprend tous les jours à voir le monde avec leur regard…

. Voir la page conscrée à son livre, les années de lait : www.editions-instant-present.com/ADL

. Retourner à la liste des Auteurs.

l’allaitement biologique ( biological nurturing ) par Suzanne Colson

Lors des journées des Doulas, j’ai aussi pu assister à une conférence de Suzanne Colson, à propos de ce qu’elle nomme le « biological nurturing » ( allaitement biologique ). Ca a été pour moi une véritable révélation, et plus particulièrement, j’ai enfin la clef, plus de 7 ans après, des difficultés d’allaitement que j’ai rencontrées à la naissance de mon ainé.
suzancolsonSuzanne Colson a montré, par des exemples vidéos filmés lors d’une étude scientifique qu’elle a menée ces dernières années dans une maternité anglaise, une position d’allaitement de nouveaux-nés assez originale parmi les recommandations usuelles. Dans cette position, la mère est allongée ou quasi allongée, son bébé contre elle dans un alignement similaire au sien qui fait que non seulement les ventres sont en contact, mais ses deux jambes aussi tandis que la plante des pieds du nouveau-né prend appuit sur le ventre (ou les cuisses) de la maman. Le bébé, peut ainsi se positionner en soulevant par petits coups sa tête, et saisir le sein. Suzannne Colson rapportait qu’une des mamans du groupe qu’elle avait filmé, parlait de « son petit pivert », en reférence aux mouvements de tête du pivert piquant dans un tronc d’arbre. Elle nomme pour sa part cette position, la position d’allaitement biologique ( biological nurturing ). Elle a donné plusieurs raisons à cette appellation: c’est une position très analogue à celle de certains bébés mammifères, et ses observations des mères qui pratiquaient naturellement cette position ont mis en évidence une manière assez particulière de manipuler leur bébé, tout à fait consistante avec les réflexes testés sur les nouveaux-nés en pédiatrie.
Au contraire de cela, prenez une jeune maman qui ne se sent pas très adroite avec son bébé tout neuf, qui se tient justement très droite sur sa chaise, le nourrisson ventre à ventre mais perpendiculaire, les pieds plus ou moins dans le flou.. le petit tente ses mouvements de tête mais on dirait plus qu’il n’arrive pas à s’accrocher au mamelon, qu’il glisse, voire qu’il rejette le sein, et plus le maintient dans le dos est ferme, plus il s’énerve (ce qui est d’ailleurs une réponse parfaitement normale!).. c’est dur à vivre! en ce qui nous concerne, nous avons trouvé des petits trucs pour malgré tout y parvenir, puis nous avons eu la chance d’assister à une réunion de La Leche League qui est d’une certaine manière, parvenue à engrammer le biologique qui m’avait fait défaut.
Bien sûr beaucoup de bébés s’accomoderont de la position adoptée par leur maman, mais dans certains cas, je pense que cette découverte de Suzanne Colson pourra vraiment être d’une grande aide.
Plus d’informations (en anglais), sur le site http://www.biologicalnurturing.com et notamment le poster explicatif et un article « une recette non prescriptive d’allaitement ».

« Sans couches, c’est la liberté! » dans Ressources Parents

Article paru dans Ressources Parents n°5 (Janvier 2007), par Stéphanie Souhaité.

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C’est en participant à des listes de discussion américaines, puis en surfant sur certains sites que j’ai connu l’Hygiène Naturelle du Bébé. C’était en l’an 2000, mon fils avait 7 mois, et je me suis tout de suite lancée dans l’aventure, en me basant sur ce que j’avais pu lire par-ci par-là.

En 2001, Ingrid BAUER a sorti son livre Diaper Free! The Gentle Wisdom of Natural Infant Hygiene. Pour nous, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts, et du « sans couhes » intégral, nous étions repassés, pour de nombreuses raisons, aux couches la plupart du temps. Lire ce livre a été pour moi comme un nouveau souffle: il répondait à toutes les questions que je m’étais posées à l’époque sans trouver de réponses. Il était encourageant, doux, respectueux, et il cadrait tout à fait avec l’idée que je me faisais d’un maternage plein d’empathie, à l’écoute de mon enfant. Je regrettais vraiment de ne pas avoir eu ce livre en mains plus tôt, il m’aurait certainement aidée dans les moments de doutes qui m’ont conduite à remettre des couches à mon bébé…

Ce livre, même si je n’en avais plus besoin puisque mon fils était devenu « propre » (quel terme bizarre!), je l’ai toujours gardé dans un coin de ma tête. Il appartenait pour moi à la même catégorie que le Concept du Continuum, de Jean Liedloff.

Il ne parle pas que du pipi-caca et de la façon dont on peut éliminer les couches, non, il parle de la vie en général, de la relation des adultes avec leurs enfants, des besoins fondamentaux des bébés, de l’allaitement, de la communication dont sont capables les tout-petits, de la conscience de leur corps, du co-dodo… Il parle aussi d’écologie, et de l’amour que nous devons à notre Terre, des cycles de la nature… Il parle des vêtements, il parle de l’Inde, de l’Afrique, il parle de la médecine, de l’industrie des couches, il parle des hommes, des femmes, des grand-mères depuis la nuit des temps… et il parle des petits humains qui méritent d’être écoutés dans leur globalité, et qui attendent une réponse à leurs signaux.

C’est pourquoi, à l’ouverture des Édtions l’Instant Présent, j’ai proposé à Ingrid de faire une traduction française de son livre, qui mérite selon moi d’être connu du plus grand nombre…

Le voici donc:
Sans couches c’est la liberté! A la redécouverte de l’Hygiène Naturelle du Bébé
de Ingrid BAUER,
Éditions l’Instant Présent,
320 pages, 23,50 euros.
ISBN-10: 2916032029
ISBN-13: 978-2916032023

Sans couches, c’est la liberté! est disponible sur commande à la boutique.

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