un peu de people ? Voici Mayim Bialik !

Un peu de people, voulez-vous ?
bigbangtheory_logoPeut-être connaissez-vous l’hilarante sitcom The Big Bang Theory. On y suit la vie de Sheldon et Leonard, deux jeunes chercheurs physiciens, colocataires et complètement geeks, de leur jolie voisine Penny, aspirante actrice et serveuse de son état, et de leurs amis.

amy-farrah-fowler-pictureL’insupportable et génial Sheldon a une « girl, friend, but not girlfriend« , Amy Farrah Fowler, chercheure en neurobiologie. C’est un personnage très attachant dans son désir malhabile de connection et d’amitié avec les autres filles de l’histoire. Elle est incarnée par Mayim Bialik… qui se trouve être docteur en Neurosciences elle-même…

home_mayim… et, maman de deux garçons, elle s’implique beaucoup dans la diffusion d’informations sur le parentage proximal (attachment parenting). Elle est l’une des portes parole du Holistic Moms Network, une association à but non-lucratif dédiée au soutien et à la promotion d’un style de vie et de parentage, écologique et holistique. Elle relate son parcours et ses convictions issues, à la fois de son expérience de mère et de ses connaissances scientifiques, dans un livre tout juste paru : Beyond the Sling.

Pour Mayim, l’approche naturelle, guidée par l’enfant, du parentage proximal, ne semblait pas simplement bonne émotionnellement, mais cela faisait sens aussi intellectuellement et instinctivement.

Son site web : http://mayimbialik.net/

(et c’est grâce à Alanis Morisette que j’ai appris ça)

Mères maternantes, vous ne respectez pas la tradition française !

Dans son récent livre, Le conflit, la femme, la mère[1], Élisabeth Badinter se réjouit de la forte natalité actuelle en France[2], qu’elle attribue à la fidélité des femmes françaises au modèle du 18e s., lorsque les citadines mettaient leurs bébés en nourrice pour mener une vie sociale « brillante »[3].

Elle accuse l’idéologie de la « bonne mère » de remettre au goût du jour la domination masculine naguère tenue à distance par les féministes des années 1970, en faisant retourner à la maison les mères de jeunes enfants, les éloignant du marché du travail seul censé leur donner liberté et indépendance.

Mais les « maternantes » refusent cette vision du monde basée sur le séparatisme : elles veulent à la fois être attentives aux besoins de leur bébé (être allaité, être porté, avoir une réponse à ses pleurs[4]) sans renoncer à leur vie conjugale, amicale, sociale. Les technologies modernes leur permettent d’inventer de nouvelles façons de travailler qui intègrent leurs enfants au lieu de les éloigner.

Les femmes françaises résisteraient donc au maternage grâce à la tradition mondaine française. Élisabeth Badinter se réjouit de la résistance des femmes françaises au modèle de la mère parfaite qui serait en voie d’être imposé par des pédiatres français et américains[5] (pour l’attachment parenting), le gouvernement[6] pour les congés parentaux, l’OMS et La Leche League pour l’allaitement. Le fait que les femmes françaises biberonnent massivement[7], qu’elles ne ressentent pas d’opprobre sociale quand elles reprennent le travail très vite[8], le fait qu’elles travaillent peu à temps partiel[9] s’expliquerait par l’histoire : « Nos aïeules du siècle des Lumières nous ont légué ce modèle peu commun d’une femme émancipée, déchargée des soucis du maternage[10]. »

Tout commence par les femmes de l’aristocratie, suivies par les femmes de la grande bourgeoisie, et, au 18e siècle par « toutes les couches de la société urbaine » – ce qui limite le propos d’Élisabeth Badinter à 10-20 % de la population française, puisque la grande majorité des femmes appartenaient à la paysannerie. « Les femmes (et leurs familles) qui se croyaient au dessus du vulgaire pensaient qu’il était peu glorieux d‘allaiter elles-mêmes, que l’allaitement était aussi ridicule que dégoutant[11] ». « Peu à peu, se débarrasser de son enfant devint une marque de distinction sociale. Les petites bourgeoises […], guère sujettes aux mondanités, s’empressèrent de copier leurs sœurs plus favorisées. À défaut d’une vie sociale brillante, elles pouvaient acquérir ce premier signe d’un statut envié en se débarrassant elles aussi de leurs responsabilités maternelles sur des mercenaires. Mieux valait ne rien faire du tout plutôt que paraître occupée d’objets aussi insignifiants[12] ».

Ayant lieu en parallèle de la montée de l’absolutisme royal, cette soumission au caractère hiérarchisé de la société française de l’époque se fait au prix d’une forte mortalité[13] des bébés.

 

Pour les femmes les plus favorisées, « leur épanouissement se réalise dans la vie mondaine : recevoir et rendre des visites, montrer une nouvelle robe, s’afficher à la promenade, courir aux spectacles[14]. » Pour l’auteure, « Au 18e s, libérée des fardeaux propres à la condition féminine commune, la Française des classes les plus favorisées est avec l’Anglaise la femme la plus libre du monde ». Mais en confondant liberté et frivolité, Élisabeth Badinter met surtout en évidence l’aliénation sociale des femmes huppées de l’époque.

Par une sorte de renversement historique, les femmes les plus cultivées de notre époque ont choisi l’attitude inverse. Ce sont les femmes les plus diplômées qui allaitent le plus. Ces femmes maternantes ne considèrent pas que dépenser de l’argent (biberon, lait, médecin) est un signe de progrès social ni qu’allaiter est « dégoutant[15] » mais simplement que leur bébé en a besoin.

De plus, elles tiennent salon…, non loin de leur enfant, lors des rencontres des associations de soutien entre mères (par exemple La leche league www.lllfrance.org) où elles partagent discussions, informations et échanges. Souvent elles se sont d’abord connues dans ces salons électroniques que sont les forums et les listes de discussion sur Internet : peut-être est-ce ce qu’Élisabeth Badinter qualifie de « véritable guerre idéologique souterraine[16] », menée par la base contre les diktats des publicitaires[17] ?

En effet, il est propre au mode de vie contemporain soumis à la publicité de favoriser la consommation en quantité, alors que le maternage de proximité implique plus de liens[18] et moins de biens[19]. Est-ce en raison de cette potentielle consommation de masse qu’Élisabeth Badinter se réjouit de la « belle natalité française[20] » qui découlerait du caractère « médiocre[21] » du maternage à la française ?

Cette idéologie de la « bonne mère » viendrait contrecarrer le combat féministe des années 1970 contre la domination masculine.

En effet, la domination masculine, que les féministes avaient cru anéantir, reviendrait sournoisement, d’après Élisabeth Badinter, par le « maternage [qui a engendré] une régression de la condition des femmes […]. C’est l’innocent bébé -bien malgré lui- qui est devenu le meilleur allié de la domination masculine[22]. »

 

Dans les statistiques à ce sujet, la domination masculine est mesurée par des calculs de temps passé à des tâches jugées nobles (temps de travail et de loisir) versus des tâches jugées dégradantes (temps consacré aux enfants et à la maison[23]). La statistique n’a aucun égard pour les femmes qui accomplissent ces activités en réfléchissant, en écoutant musique ou radio, ou en étant pleinement satisfaites de la relation permise avec un enfant à l’occasion d’une visite chez le médecin, toutes occasions que rate plus souvent le père.

 

Inversement, le temps passé au travail est unilatéralement valorisé dans ces analyses statistiques, alors que beaucoup de travailleurs n’y trouvent pas toujours leur compte : il s’agit de temps passé au service de leur patron, de leurs clients, pas de temps pour soi (à part une infime minorité). En revanche, la mère qui s’est arrêtée de travailler ou a diminué son temps de travail, retrouve du temps pour ses enfants mais aussi pour elle[24] : cette qualité de temps n’est jamais mesurée par les chiffres.

 

Peut-être devrait-on chercher l’« égalité » dans l’autre sens, en permettant aux pères de passer du temps avec leur famille et en allant vers les valeurs maternantes –il n’y a d’ailleurs pas de terme en français pour « paternant » alors que l’anglais associe les deux parents en parlant d’attachment parenting, qu’on peut adapter en parentage proximal. Ainsi, le jour où les pères pourront prendre un temps partiel sans se faire regarder de travers, ou sans devoir faire en 4 jours le travail de 5 en étant payés 4, on vivra probablement un monde (un peu) meilleur.

 

Contrairement à ce que sous-entend Élisabeth Badinter en tronquant une citation d’Edwige Antier[25], les maternantes sont ravies que l’émergence des « papas poules » des années 1970-1980[26] ait permis de banaliser le fait que le père change les couches ou donne le bain, entre autres occasions de relations père-enfant.

 

Enfin, l’attention donnée au bébé et au jeune enfant n’implique pas un refus du travail en soi par les femmes concernées. Souvent, les maternantes arrêtent un métier prestigieux auquel les a menées un parcours scolaire sans histoire, parce que le temps du maternage leur a fait reconsidérer leurs priorités et affermir leur refus d’un monde du travail marqué par des valeurs masculines soumises à la compétition (« Ils recherchent l’argent, le pouvoir et un statut avec une grande détermination et persévérance[27] »). Nombre d’activités et de métiers émergent de ces nouvelles pratiques, favorisées par les nouvelles technologies et Internet. Ces nouvelles façons de travailler tendent à refuser le séparatisme : les enfants font partie de la vie, ils peuvent ne pas être loin quand le parent travaille.

 

Donc rien à voir avec un « retour au modèle traditionnel[28] », ni une prétendue aspiration à « la sagesse [qui serait] ailleurs, pour ne pas dire hier[29]… »

 

Nous ne vivons pas de façon séparée, voire séparatiste comme semble l’impliquer la vision du monde d’Élisabeth Badinter –à commencer par le titre de son livre, le conflit.

Oui, il s’agit de privilégier l’enfant d’abord, le bébé fragile[30], dépendant et avide de relations.

 

Mais cette proximité avec le bébé n’implique pas de séparation avec le papa ! Les pédopsys craignent que le papa soit exilé en cas de cododo[31], mais cela n’arrive que chez les familles qui ne sont pas allées au bout de leur réflexion de parentage : ce dont a besoin une nouvelle famille n’est pas un lit à barreaux mais un grand lit parental ou plusieurs matelas accolés par terre, ou encore un side-bed pour le bébé.

 

Pas de séparation avec les autres adultes non plus. Les femmes qui pensent avoir des devoirs vis-à-vis de leur petit enfant sont aussi des femmes qui vivent une vie stimulante. Le maternage du bébé est associé à l’ennui par Élisabeth Badinter, qui cite des auteures de romans qui « n’aspirent qu’à retrouver le monde extérieur[32]. » Propos étranges aux oreilles des maternantes qui lisent, pianotent sur leur ordinateur, sortent avec leur bébé, visitent et rendent visite, passent du temps avec leurs amis. L’écharpe et l’allaitement permettent une grande liberté de mouvement.

 

Élisabeth Badinter croit aussi que « L’idéal [maternant est] de faire succéder le tête-à-tête au corps-à-corps[33]. » Voilà une position bien loin du maternage : les parents qui veulent être disponibles pour leur enfant ne centrent néanmoins pas leur vie sur lui[34], et savent que l’enfant ne gagne rien, au contraire, à avoir des parents trop « sur lui », trop inquiets ou contrôlants.

 

Du coup, les maternantes ne se sentent pas dépassées par « l’extension des devoirs maternels » de la fin du 20e s., qui impliqueraient « une attention scrupuleuse au développement psychologique, social et intellectuel de l’enfant[35]. » Elles savent qu’en plus de son besoin de lait et de contact, leur bébé puis enfant aspire surtout à vivre avec son entourage, en observation, imitation, interaction : le bambin mange dans l’assiette de son parent, participe à ses sorties avec d’autres familles et construit ainsi sa vie sociale.

 

Le principal souci des maternantes est finalement surtout de minimiser pour leur enfant les contaminations industrielles (nourriture, couches, eau, air) et de diminuer leurs atteintes à l’environnement (pesticides, couches etc.). Le monde pollué qu’elles vont donner en héritage à leurs enfants les questionne. Les propos ironiques d’Élisabeth Badinter sur l’écologie[36] révèlent d’ailleurs le triomphalisme économique, rationalisateur et industriel des années 1970. Malgré son ton persifleur, Élisabeth Badinter résume assez bien les aspirations d’aujourd’hui : « De la pratique amorale de cette ‘exploitation’ [de la nature], on est à présent sommé de passer à son respect[37]. » Cependant, la conclusion qu’elle en tire de « soumission à la Mère nature », « dont on admire la simplicité et la sagesse[38] » est tâchée d’anthropomorphisme : « soumission » et « admiration » sont propres aux valeurs masculines. Vivre en équilibre avec la nature et son entourage ne relève pas de la soumission mais de l’interaction et de l’ajustement fin.

 

Ainsi, les maternantes qui essaient d’être attentives aux besoins de leur enfant ne se reconnaissent guère dans les caractères maternels que cite Élisabeth Badinter lorsqu’elle parle des années 1970 : « nonchalance », « indifférence[39] », « égoïsme[40] » et presque revendication de l’inattention et de l’irresponsabilité[41]. « Comme sont loin les années soixante-dix où l’on pouvait vivre sa grossesse avec insouciance et légèreté[42] ! »

 

Enfin, le séparatisme d’Élisabeth Badinter provient aussi de la distinction qu’elle fait entre « la femme et la mère » et par son aspiration récurrente à définir une identité féminine[43]. Or on peut vouloir refuser d’être identifié par ce seul attribut et trouver simplificatrices ces tentatives de définition[44].

 

 

La culpabilisation
Au final, Élisabeth Badinter accuse l’idéologie maternante de créer une pression et de culpabiliser les jeunes mères qui font le choix de privilégier leur « vie de femme », quitte à être une « mère médiocre ». Par exemple avec l’allaitement : « Il faut un sacré caractère aux jeunes accouchées pour braver les consignes des infirmières et puéricultrices[45] ». Mais on entend souvent un discours inverse chez les allaitantes[46].

Plus loin, le livre parle des femmes qui se sentiraient rejetées parce qu’elles n’ont pas d’enfant[47], de même qu’on entend aussi des témoignages de femmes qui se sentent rejetées car elles allaitent plus de six mois, dorment avec leur bébé et ne trouvent qu’injonctions à la séparation sur les étals des librairies.

Tout le monde semble chercher l’acceptation pleine et entière de ce qu’il est, comme si en tant qu’enfant on n’avait pas reçu cette affection inconditionnelle de la part de son entourage. Chacun semble vouloir un unilatéralisme des avis des autres et se sent culpabilisé si ça n’est pas le cas.

Ainsi, Élisabeth Badinter dit[48] : « Quelle mère n’éprouvera pas, au minimum, un pincement de culpabilité si elle ne se conforme pas aux lois de la nature ? » Mais si cette mère constate que ses enfants vont bien, qu’elle a une relation satisfaisante avec eux (ce qui n’est en aucun cas l’apanage des mères ayant allaité), où est le problème ? Est-ce pour éviter ce pincement aux jeunes mères et à elle-même qu’elle a écrit ce livre ? Minimise-t’elle les avantages de l’allaitement[49] pour mieux se déculpabiliser de ne pas l’avoir fait ?

 

Élisabeth Badinter semble privilégier la vie loin des enfants au nom de la faible rentabilité affective du temps passé avec ses enfants. « Comment reconnaître que l’on a fait trop de sacrifices pour les bénéfices affectifs et autres qu’on en a tirés ?[50] » Mais peut-être le problème a-t-il été de faire ces sacrifices ? De vivre les relations avec son compagnon, ses enfants, ses amis, son travail sur un mode séparatiste ? Le temps passé ensemble avec don de gentillesse et de confiance inconditionnelle est du temps qui construit du lien durable et qui fait sens.

claudia.renau@gmail.com


[1] Flammarion, février 2010.

[2] Relativement forte par rapport aux autres pays européens. Voir www.ined.fr/fr/pop_chiffres/pays_developpes/indicateurs_fecondite.

[3] Le numéro 454 de Population et sociétés rédigé par Gilles Pison attribue cette augmentation récente au report de la maternité des jeunes femmes des années 1970 et 1980, dont l’âge à la maternité a reculé, jusqu’à 30 ans aujourd’hui pour le premier enfant : pdf en téléchargement là : www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/structure_population/pyramide_ages.

Peut-être d’ailleurs que ce recul de la première naissance à un âge qui a permis de profiter de la vie en célibat favorise le temps du maternage. Voir cet article sur Nancy Huston : www.peripheries.net/article254.html.

[4] Voir Ne pleure plus bébé, Claude Didierjean-Jouveau, Jouvence.

[5] John Bowlby et T. Berry Brazelton, qui ont popularisé la théorie de l’attachement, Edwige Antier en France.

[6] Pour les aides aux femmes qui veulent arrêter de travailler pour rester avec leur bébé, en 1985 et en 2004.

[7] 15 % d’allaitement quand le bébé a deux mois et demi.

[8] Contrairement aux mères allemandes ou japonaises qui ne pourraient pas se le permettre et qui du coup ont peu d’enfants.

[9] Même si l’analyse des chiffres est subjective : « 50 % des mères d’un enfant travaillent à temps plein [ainsi que] 25 % des mères de trois enfants ou plus », page 234.

[10] Page 246.

[11] Page 241.

[12] Page 244.

[13] Page 244-245.

[14] Page 243.

[15] Le refus de ce qui rapproche le corps de l’animal exprime visiblement un malaise. Le dégoût vis-à-vis des sécrétions féminines (sang, lait) est une attitude machiste que le combat féministe a justement permis de dépasser.

[16] Page 251.

[17] Voir les articles de Arrêt sur Image : www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2754.

[18] Liens permis par l’allaitement, le cododo –dont le but est surtout de ne pas laisser pleurer le bébé, de prendre au sérieux ses demandes-, parfois la communication par l’élimination (c’est-à-dire la vie sans couches), l’instruction en famille etc.

[19] En reprenant un slogan des décroissants, www.decroissance.org.

[20] Page 233.

[21] Selon le terme d’Élisabeth Badinter.

[22] Page 146.

[23] Ça ne dérange d’ailleurs pas Élisabeth Badinter, les féministes et les mères travailleuses de confier à d’autres femmes ces tâches qu’elles jugent ingrates. Mais si les mères trouvent si pénible de materner leurs propres enfants, pourquoi d’autres femmes trouveraient gratifiant de s’occuper des enfants des autres ?

[24] La réflexion sur soi, la connaissance de soi-même, de ses propres besoins de base étant importants dans la relation avec ses enfants : que ce soit pour les minimiser face à un tout-petit (ou un plus grand) dont les besoins priment ou pour détecter quels sont ses propres besoins importants à affirmer.

[25] Page 149. Le texte original d’Edwige Antier, Éloge des mères, J’ai lu (pages 100-101) ne rejette pas les soins au bébé donnés par le père (néanmoins, la citation de Dolto de cette même page nous parait absurde).

[26] Page148.

[27] Citation page 39.

[28] Page 13.

[29] Page 52.

[30] Elle oublie d’ailleurs la primauté du besoin de l’enfant dans son paragraphe sur l’accouchement à domicile (page 61) : les mères qui préfèrent accoucher à la maison le font souvent avant tout pour protéger le bébé à naître (faciliter sa naissance, lui éviter l’imprégnation de l’analgésie, lui éviter les intrusions hospitalières).

[31] « Rufo redoute que [cette pratique] pousse le père hors du lit conjugal pour l’exiler au salon », page 155.

[32] Page 26.

[33] Page 161.

[34] Voir Le concept du continuum, de Jean Liedloff, Ambre.

[35] Page 171. Par ailleurs, observer et accompagner le développement d’un bébé est passionnant, de nombreux scientifiques ont fait des études prestigieuses là-dessus (Piaget), pourquoi les mères n’auraient-elles pas le droit de trouver ça passionnant aussi, intellectuellement passionnant !

[36] Pages 53-54.

[37] Page 53.

[38] Page 54, et aussi : « L’autorité de la nature est indiscutable » page 105.

[39] Page 248.

[40] Page 141.

[41] Page 247.

[42] Page 101.

[43] Par exemple page 249.

[44] Ainsi, l’on peut se réjouir que : « L’illusion d’un front uni des femmes [ait] volé en éclat, tant leurs intérêts peuvent diverger. De quoi, là aussi, remettre en question la définition d’une identité féminine. »

[45] Page 138.

[46] D’où des manifestations comme la « Grande tétée » – évoquée avec un peu de condescendance page 233 – pour susciter une reconnaissance publique.

[47] Pages 210, 213, 214, 223, 224, notamment en raison de l’idéal de la mère parfaite.

[48] Page 93.

[49] Page 108, 138, 139, 140.

[50] Page 225, page 253 aussi.

l’allaitement biologique ( biological nurturing ) par Suzanne Colson

Lors des journées des Doulas, j’ai aussi pu assister à une conférence de Suzanne Colson, à propos de ce qu’elle nomme le « biological nurturing » ( allaitement biologique ). Ca a été pour moi une véritable révélation, et plus particulièrement, j’ai enfin la clef, plus de 7 ans après, des difficultés d’allaitement que j’ai rencontrées à la naissance de mon ainé.
suzancolsonSuzanne Colson a montré, par des exemples vidéos filmés lors d’une étude scientifique qu’elle a menée ces dernières années dans une maternité anglaise, une position d’allaitement de nouveaux-nés assez originale parmi les recommandations usuelles. Dans cette position, la mère est allongée ou quasi allongée, son bébé contre elle dans un alignement similaire au sien qui fait que non seulement les ventres sont en contact, mais ses deux jambes aussi tandis que la plante des pieds du nouveau-né prend appuit sur le ventre (ou les cuisses) de la maman. Le bébé, peut ainsi se positionner en soulevant par petits coups sa tête, et saisir le sein. Suzannne Colson rapportait qu’une des mamans du groupe qu’elle avait filmé, parlait de « son petit pivert », en reférence aux mouvements de tête du pivert piquant dans un tronc d’arbre. Elle nomme pour sa part cette position, la position d’allaitement biologique ( biological nurturing ). Elle a donné plusieurs raisons à cette appellation: c’est une position très analogue à celle de certains bébés mammifères, et ses observations des mères qui pratiquaient naturellement cette position ont mis en évidence une manière assez particulière de manipuler leur bébé, tout à fait consistante avec les réflexes testés sur les nouveaux-nés en pédiatrie.
Au contraire de cela, prenez une jeune maman qui ne se sent pas très adroite avec son bébé tout neuf, qui se tient justement très droite sur sa chaise, le nourrisson ventre à ventre mais perpendiculaire, les pieds plus ou moins dans le flou.. le petit tente ses mouvements de tête mais on dirait plus qu’il n’arrive pas à s’accrocher au mamelon, qu’il glisse, voire qu’il rejette le sein, et plus le maintient dans le dos est ferme, plus il s’énerve (ce qui est d’ailleurs une réponse parfaitement normale!).. c’est dur à vivre! en ce qui nous concerne, nous avons trouvé des petits trucs pour malgré tout y parvenir, puis nous avons eu la chance d’assister à une réunion de La Leche League qui est d’une certaine manière, parvenue à engrammer le biologique qui m’avait fait défaut.
Bien sûr beaucoup de bébés s’accomoderont de la position adoptée par leur maman, mais dans certains cas, je pense que cette découverte de Suzanne Colson pourra vraiment être d’une grande aide.
Plus d’informations (en anglais), sur le site http://www.biologicalnurturing.com et notamment le poster explicatif et un article « une recette non prescriptive d’allaitement ».

Journées des Doulas 2009

Nous serons présentes cette semaine aux Journées des Doulas 2009!
Journées des doulas 2009
Plusieurs de nos auteurs présenteront leurs réflexions et leur travail le vendredi 8 mai : Joelle Terrien auteure de Passage de vies, le vendredi matin, les mamans de l’association Maman Blues entre 16h30 et 18h. Elles publieront chez nous en septembre un livre sur la difficulté maternelle, on pourra y souscrire à tarif réduit lors de cet évènement. Marlène Martin auteure de Apprendre à lire en famille sera présente tout le vendredi sur notre stand.
Au plaisir de vous y rencontrer!

Ma famille apprend à lire

Ce qui est fantastique quand on est éditeur, c’est qu’on peut lire les livres qu’on aime avant tout le monde. Un vieux rêve en ce qui me concerne : faire partie des happy few qui pour la première fois plongent dans un texte et voient leur vie changer… Peut-être que j’aime cet aspect-là de notre travail plus encore que le privilège de pouvoir publier des textes importants à mes yeux.

apprendre_a_lire_en_familleLe livre de Marlene Martin a changé ma vie et celle de mes enfants.

Il m’a permis d’identifier formellement ce que je ressentais chez ma fille, à savoir que son profil d’apprentissage est incompatible avec les méthodes de lecture conventionnelles. Une fois que nous avons compris cela, nous avons pu répondre à ses demandes d’aide pour apprendre à lire en parfaite adéquation avec ses besoins. Et c’est allé très vite !

Pour mon fils, je me suis laissée guider par les suggestions de Marlene : je joue avec les lettres, comme je jouerais de n’importe quel élément de notre environnement. Sans attente particulière, suivant les demandes de l’enfant. Une des fonctions essentielles du jeu est qu’il permet au cerveau et au corps de « jouer » (justement) des scènes qui auront lieu dans sa vie. Garder vivant l’esprit du jeu, la lucidité, la légèreté, l’absence d’évaluation, est ce qui permet d’aborder n’importe quel aspect de la vie future de façon à la fois constructive et plaisante. Il suffit de rester humble – notre rôle se limite souvent à présenter les éléments que l’enfant va apprendre à manipuler – et surtout d’avoir confiance que l’enfant piochera ce qu’il a à piocher.

Dans notre salle de bains, un grand miroir sur lequel j’ai régulierement ecrit des petits mots tendres pour ma fille. Mon fils s’y est intéressé, et nous avons commence a jouer avec ce miroir. Voici une photo ou il designe le O, une lettre qu’il aime particulièrement 🙂

On peut télécharger ici une série d’extraits de « Apprendre à lire en famille ». Soyez parmi les premiers à déflorer ce texte qui changera surement votre vie…

http://www.editions-instant-present.com/apprendre-à-lire-en-famille-p-10.html

Lupin-O

 

Une maison d’édition sur l’attachment parenting portée par des mamans non-sco

Article paru dans les Plumes de LAIA n° 8 de mars 2008, par Claudia Renau.

Les Plumes de LAIA eip_les_plumes_de_laia_2

Une maison d’édition sur l’attachment parenting portée par des mamans non-sco

Nous nous sommes connues sur internet, avons appris à nous connaître et à nous apprécier via les messages électroniques, mais ce sont des livres en papier que nous éditons!

Les éditions l’Instant Présent ont été créées voilà trois ans par une maman non-sco du Var, Stéphanie Souhaité. Pour la petite histoire, Stéphanie voulait traduire et publier Le continuum concept, et a fait tout ce qu’il fallait faire pour créer la maison d’édition. Au moment où elle a été prête, elle a appelé Jean Liedloff qui lui a dit, navrée, qu’elle venait de céder les droits à une autre maison d’édition. Près de trois ans plus tard, Stéphanie a publié cinq livres, notamment sur la naissance, la vie sans couches et Le quotidien avec mon enfant (notre best-seller, une bonne introduction au parentage de proximité). Fin 2007, elle est partie en voyage sur les mers et a vendu sa maison d’édition à cinq personnes, tout en restant associée.

Une nouvelle équipe

Les cinq nouvelles associées sont mamans d’enfants jeunes (13 enfants de 1 à 8 ans en tout), vivent en région parisienne (ou à 42 minutes en TGV), sauf Fabienne Cazalis (à Los Angeles), ont réduit leur précédente activité professionnelle afin de pouvoir se consacrer aux enfants, instruits en famille.

Nous travaillons donc de chez nous, notre outil principal est la liste de discussion de travail. Nos horaires de réunion sur internet sont de 23 heures à 2 heures du matin. Nous nous rencontrons lors des sorties non-sco de Paris. Nous avons choisi un statut de coopérative (chaque associé à le même poids lors des votes importants, quelle que soit sa participation financière). Lorsque nous serons en mesure de nous salarier, nous pourrons évoluer en SCOP (Société COpérative de Production).

La ligne éditoriale

Nous poursuivons la ligne éditoriale de Stéphanie: des livres pour le respect de la naissance, pour une éducation sans violence, pour une vie familiale apaisée. Nous développons aussi de nouveaux projets, notamment une collection « Apprendre en famille » avec un premier opus Apprendre à lire en famille rédigé par Marlène Martin, une des mamans associées, spécialiste d’orthophonie passée par la psychologie, la sociologie et les sciences de l’éducation (le livre suivant sera sur les mathématiques en famille). Nous aimerions traduire des ouvrages sur l’apprentissage autonome tel qu’il a été décrit par John Holt.

La prochaine parution (Entretiens avec mon évier, Domestiquez les tâches ménagères avec FlyLady, publication en mars) portera sur le ménage, ce qui a finalement un rapport direct avec les enfants non-sco: lorsque la maison est rangée et nettoyée rapidement sans stress, on est plus disponible pour les enfants! Sous des dehors de guide pratique sur l’entretien d’une maison, le fond de ce livre va bien au-delà, puisqu’il s’agit surtout de se débarrasser de pensées paralysantes de type perfectionniste, se débarrasser d’objets encombrants et surtout libérer du temps. Trois choses essentielles quand nous voulons vivre en harmonie avec nos enfants.

(Pour lire la suite, cliquer sur les images en haut de cet article).

La véritable nature de l’enfant

978-2-916032-05-4Ce livre est la traduction en français de The Natural Child : parenting from the heart, un recueil de chroniques écrites par Jan Hunt entre 1989 et 1999 pour le magazine canadien Natural Life. Il fait partie des livres qui font avancer par sa façon de présenter des réflexions, des situations, des extraits d’auteurs intéressants.

Notamment son « saisir le truc » dans son premier chapitre « Être parent avec empathie et confiance » :

Qu’est-ce que ça veut dire, quand quelqu’un ne saisit pas le “truc” ? Cela veut dire que cette personne s’est soumise à l’idée que les enfants sont fondamentalement différents des adultes. Cela veut dire qu’elle pense que les enfants fonctionnent selon des principes foncièrement différents de ceux qui régissent le comportement des adultes. Elle doit forcément penser cela : aucun adulte n’améliore son comportement lorsqu’on le critique, on l’insulte, on le frappe, on lui hurle dessus ou on le punit de quelque façon que ce soit. Les adultes se comportent tous de la manière dont ils sont traités ; tout le monde sait cela. Mais alors pourquoi tout le monde ne sait pas qu’il en va de même pour les enfants ? Comment se fait-il qu’on suppose que les enfants se conduiront mieux s’ils sont punis ?

Dans le 2e chapitre, « Vivre avec un bébé », elle encourage logiquement à répondre aux pleurs du bébé et prône le sommeil partagé. Dans « Vivre avec un enfant », elle poursuit ses propos sur la confiance faite à l’enfant, avec des conseils concrets (« Faire les courses »,  » Quand l’enfant pique une crise de rage », « Dix conseils pour trouver un bon professionnel de santé », « Être grand-parent de tout son cœur »).

Le 4e chapitre (« Guider les enfants ») approfondit sa « Règle d’Or du parentage » : “Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse”, où elle développe sa critique de toute punition, verbale comme physique (avec notamment « Dix alternatives aux punitions »). Elle aborde quoi répondre à « J’ai reçu des fessées et je ne m’en porte pas plus mal » et s’interroge (pour la critiquer) sur la contention : « Les dangers de la thérapie par le holding« . Les paragraphes suivants concernent « Les mots magiques doivent venir du cœur » et « Le problème des récompenses ». Dans « Complimenter nos enfants : manipulation ou célébration? » elle aborde cette question des compliments de façon nuancée :

Naturellement, nous devrions nous abstenir de formuler des compliments artificiels et manipulateurs, mais il existe des compliments qui jaillissent gaiement du cœur et qui donnent aux enfants ce dont ils ont le plus besoin : notre soutien aimant et authentique.

Le 5e chapitre, « Aider les enfants à apprendre », intéresse les familles non-scolarisantes. Jan Hunt partage ses réflexions de maman non-sco, dont nous extrayons quelques points qui sont développés par l’auteur :

« Nourrir leur désir naturel d’apprendre »

  • Les enfants sont naturellement curieux et ont un désir intrinsèque d’apprendre par eux-mêmes les choses du monde qui les entoure [puis elle cite John Holt, How Children Learn].
  • Les enfants sont les mieux placés pour savoir comment s’y prendre pour apprendre quelque chose. […]
  • Les enfants ont besoin de beaucoup de moments calmes pour penser. La recherche scientifique montre que les enfants qui ont une imagination fertile apprennent mieux et s’accommodent mieux des déceptions que ceux qui ont perdu cette capacité. Mais imaginer est une activité qui requiert du temps, et le temps est un luxe en voie de disparition dans nos vies. Les horaires d’école surchargés et les activités extérieures laissent aux enfants bien peu de temps pour rêver, pour penser, pour inventer des solutions aux problèmes, pour gérer des expériences stressantes, et simplement pour satisfaire le besoin universel de solitude et d’intimité.
  • Les enfants n’ont pas peur d’admettre leur ignorance et de faire des erreurs. […] Les enfants apprennent en posant des questions et non pas en devant y répondre. Les bambins posent beaucoup de questions et les enfants scolarisés en font de même – jusqu’au CE2 environ. Au-delà, la majorité d’entre eux ont assimilé une triste évidence : à l’école, il peut être plus important pour sa propre protection, de dissimuler son ignorance d’un sujet plutôt que d’en apprendre plus et cela au détriment de sa curiosité.
  • C’est la valeur intrinsèque de ce qu’ils apprennent qui procure la joie aux enfants. Il n’est pas nécessaire de motiver l’enfant par l’usage de récompenses extérieures comme des bonnes notes ou des bons points. Cela donne à croire à l’enfant que l’activité est difficile ou désagréable, sinon pourquoi une récompense qui n’a rien à voir avec le sujet serait-elle offerte ? Le parent avisé dit “tu prends vraiment plaisir à lire ce livre” et non “si tu lis ce livre, tu auras un cookie”.
  • C’est dans l’interaction avec des personnes de tous âges que les enfants apprennent la meilleure façon de bien s’entendre avec les autres. […]
  • Un enfant apprend mieux par lui-même. Quel parent dirait à son bambin “pose cette chenille et retourne à ton livre sur les chenilles”. Les enfants instruits à la maison apprennent par expérience directe. […]
  • Les enfants ont besoin et méritent de passer beaucoup de temps avec leur famille. Un grand nombre de parents non-scolarisants pensent que la cohésion de la famille est peut-être le bénéfice le plus significatif de cette expérience d’instruction à la maison. […]
  • Le stress perturbe l’apprentissage. Einstein écrivait “c’est une grave erreur de croire que le plaisir d’observer et de chercher puisse être induit par la contrainte”. Lorsqu’un bambin tombe en apprenant à marcher, on lui dit “c’était bien tenté ! Tu vas bientôt y arriver”. Quel parent bienveillant dirait “tous les bébés de ton âge devraient marcher ! Tu ferais mieux d’avoir appris pour vendredi !” La majorité des parents comprennent comme il est difficile pour leur enfant d’apprendre lorsqu’on les bouscule, qu’on les menace ou qu’on leur donne de mauvaises notes. John Holt a attiré notre attention sur le fait que “nous pensons mal, et même nous percevons mal, voire pas du tout, lorsque nous sommes anxieux et effrayés […] Lorsque nous faisons peur à un enfant, nous stoppons tout net le processus d’apprentissage”.

Jan Hunt se demande aussi « Quand la guidance devient-elle manipulation ? »

Beaucoup de parents non-scolarisants se demandent comment distinguer guidance et manipulation. En tant que parent fortement acquis à la cause du “unschooling” avec mon fils Jason, je me suis parfois demandé si je devais encourager certaines activités en dépit de son manque d’intérêt pour ces dernières, ou au moins rappeler à son attention les champs de connaissance qu’il avait mis de côté pendant quelque temps. Cela m’est souvent arrivé, notamment après avoir lu ou entendu l’histoire d’un enfant exceptionnellement sérieux qui avait excellé dans un domaine particulier, comme la musique par exemple. Dans ces moments-là, les écrits inspirants de John Holt me rappellent que la confiance est l’ingrédient fondamental d’un programme fait maison. Les enfants sont entourés d’informations de toutes sortes, issues des conversations, des livres, de la télévision, des films, d’Internet, des magasins, et de la nature.

Jan Hunt explique aussi « Pourquoi [elle est] contre l’usage des notes à l’école », elle se demande si « [on doit] évaluer les enfants instruits en famille ? ». Dans cet article, elle tourne en ridicule le “souci” des législateurs :

Si les parents qui instruisent à la maison ne mesurent pas, n’évaluent pas et ne contrôlent pas les apprentissages, comment l’enfant peut-il savoir de lui-même quand passer au niveau supérieur ? Si nous demandions à un horticulteur comment une rose sait à quel moment elle doit fleurir, il ne pourrait répondre à la question car la détermination de ce moment miraculeux est précisément ce qui constitue cette graine. Le programme de développement intellectuel d’un enfant, tout comme l’épanouissement de la rose, est peut-être effectivement un processus mystérieux, mais qui néanmoins existe, et se construit en chaque enfant dès la conception. Il est inutile de l’imposer de l’extérieur et seul l’enfant y a un accès direct. Mettre en place une structure d’apprentissage artificielle est toujours moins fructueux que de simplement laisser l’enfant suivre son propre chemin. Il est dangereux de vouloir déterminer l’évolution de l’enfant, d’autant plus que cela n’égalera certainement pas le résultat obtenu par l’épanouissement naturel de ses centres d’intérêt et de ses capacités d’enfant.

Elle file cette métaphore végétale dans l’article : « “Troubles de l’apprentissage” : une étiquette handicapante. »

Imaginez que vous soyez en train de visiter une pépinière. Vous entendez un vacarme à l’extérieur et vous allez voir ce qui se passe. Vous trouvez un assistant en train de se démener avec un rosier. Il est en train d’essayer d’ouvrir les pétales d’une rose par la force tout en marmonnant sa frustration. Vous lui demandez ce qu’il est en train de faire et il vous explique que son patron veut que toutes les roses soient écloses cette semaine ; les plus précoces ayant été coupées la semaine dernière, il est en train d’ouvrir celles qui sont en retard. Vous protestez alors que chaque rose a son propre rythme de floraison et qu’il est absurde de tenter de le ralentir ou de l’accélérer. Une rose fleurira toujours au moment le plus favorable. Vous jetez un coup d’œil sur la rose et vous vous apercevez qu’elle est en train de se flétrir. Et lorsque vous lui en faites la remarque, on vous répond que cette rose souffre d’une maladie génétique, la “dysflorexie”, l’empêchant de s’épanouir et qu’il va falloir faire venir un expert.

Mais vous n’êtes pas d’accord : “C’est vous qui avez causé le flétrissement ! Tout ce que vous aviez à faire c’est de l’arroser, de lui offrir de l’ensoleillement, et de laisser la nature faire le reste !” Vous êtes sidéré par ce qui se passe. Comment se fait-il que le patron soit si déconnecté de la réalité et si peu informé sur la nature des roses ?

Bien sûr, vous n’assisterez jamais à une telle scène dans une pépinière. Malheureusement, cela arrive quotidiennement dans les écoles.

Enfin, le dernier chapitre lui permet de développer la défense de l' »attachment parenting« , notamment dans « Prendre le parti d’un enfant en public ».

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Jan HUNT

Titulaire de plusieurs diplômes universitaires dans le domaine de la psychologie, Jan Hunt est Directrice du Natural Child Project, et assistante éditorialiste de la revue trimestrielle Empathic Parenting publiée par la Société Canadienne pour la Prévention de la Cruauté envers les Enfants (CSPCC). Elle est membre du bureau de direction de la CSPCC et de l’Alliance pour Changer la Vie des Enfants. Elle est au bureau consultatif de Child-Friendly Initiative et de Attachment Parenting International.
Jan a tenu une chronique « Natural Child » dans le magazine Natural Life de 1992 à 1999. L’une de ces chroniques (« 10 raisons de ne pas frapper les enfants ») a été reprise en appendice du livre d’Alice Miller Abattre le mur du silence. Jan est mère d’un garçon désormais adulte, Jason qui a été instruit à la maison avec une approche basée sur les apprentissages autonomes. Jason est le webmaster du site de Natural Child Project. Jason et sa mère vivent en Oregon (Etats-Unis).

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