Apprendre dans une école démocratique girafe

La confiance au coeur du vivre ensemble

Sophie Rabhi-Bouquet

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Sophie Rabhi-Bouquet raconte l’origine et le quotidien de l’école qu’elle a créée en 1999 en Ardèche, devenue en 2016 une « école démocratique girafe* ». Nous découvrons les inspirateurs du lieu (Maria Montessori, Alice Miller, la communication non violente) et leur lien avec la pédagogie proposée aux enfants. Nous comprenons comment l’expérience, l’environnement de la nature et de la bienveillance, la rencontre avec le modèle de l’école démocratique ont contribué à faire de cette école un modèle de réussite. Les questions du public permettent ensuite d’enrichir le témoignage de Sophie Rabhi-Bouquet.
Issu d’une conférence au Salon Primevère de Lyon en février 2018, le livre a ensuite été enrichi.

*La girafe est l’animal que Marshall Rosenberg a choisi pour symboliser les qualités inhérentes à la communication non violente (CNV). Elle prend de la hauteur, s’exprime peu et seulement à bon escient, possède de grandes oreilles pour écouter avec soin et un grand coeur (la girafe étant l’animal terrestre qui possède le plus grand coeur par rapport à sa masse corporelle).

Ayant grandi dans la ferme familiale en Ardèche, Sophie Rabhi-Bouquet a souhaité proposer aux enfants la richesse de l’accueil à la ferme, pendant les vacances puis au sein d’une école, la Ferme des Enfants. Toujours en recherche pour proposer un environnement adapté et motivant, forte de ses convictions – l’importance de la non-violence, de l’attachement, de l’empathie –, elle aboutit à une école démocratique en tirant le fil du « besoin des enfants » : le multi âge, les activités, les médiations permettant le vivre ensemble. Cette grande confiance est à la source d’apprentissages optimaux.

Extrait :

Pendant des années nous avons contraint les enfants à exécuter un plan de travail hebdomadaire, basé sur la pédagogie Montessori, permettant d’aborder l’obligation de la manière la plus agréable et ludique possible, avec beaucoup de plaisir dans la manipulation du matériel et l’expérimentation vécue. Notre équipe pédagogique a développé de grandes compétences en pédagogies actives.
Nous permettions aux enfants d’apprendre sur les bases du matériel concret, de mettre en lien des compétences avec des ateliers, de sortir pour enquêter, mesurer, interviewer, chasser des trésors, etc. Malgré tout, nous avions toujours l’impression de lutter, d’être en résistance contre les forces naturelles des enfants, notamment lorsqu’il fallait qu’ils se consacrent à ces apprentissages contre leur gré, à des heures et en suivant des intérêts qui n’étaient pas les leurs. Certains l’exprimaient avec agitation, d’autres avec ennui, d’autres par la contestation ou la fuite. Ils nous demandaient : « À quoi ça me servira d’apprendre cela ? », « Est-ce que, toi, dans ta vie, ça te sert de connaître la différence entre un COD et un COI ? »… Ils usaient de stratégies : finir tout le programme en un minimum de temps par exemple, ou bien au contraire le mettre de côté jusqu’au dernier jour de la semaine pour s’y consacrer dans l’urgence le vendredi. Et en même temps, notre désir  d’accompagner l’enfant et d’être à l’écoute de sa réalité n’a jamais faibli. Nous étions en contradiction. Ce qui nous a permis d’évoluer dans cette réflexion a été la rencontre avec André Stern qui n’a jamais été à l’école, avec Clara Bellar, la réalisatrice d’Être et devenir, avec Catherine Guéguen qui a étudié les neurosciences affectives et sociales et la mise en lien de la bienveillance avec les performances cognitives, et aussi la rencontre avec Ramïn Farhangi, Marjorie Bautista et Fleur Mathet, fondateurs des premières écoles démocratiques françaises. Toutes ces personnes sont devenues inspirantespour nous permettre de réformer notre pratique et de suivre nos intuitions en toute connaissance de cause.
Aujourd’hui les neurosciences valident complètement le fait qu’au plus l’enfant est libre, heureux, épanoui, soutenu émotionnellement et psychologiquement, en lien sécure avec son entourage, au mieux il apprend.