Être et devenir, les dates des évènements rencontre avec l’auteure Clara Bellar

eed couv OK petitPlusieurs évènements auront lieu en région parisienne pour la sortie du livre Être et devenir : Faire confiance à l’apprentissage naturel des enfants et la célébration des 3 ans en salles du film Être et devenir, avec la présence de Clara Bellar.

• Dimanche 28 mai à 11h30 au St-André des Arts (Paris 6e) : séance spéciale anniversaire avec Clara Bellar, suivie d’une signature du livre et d’un buffet.

• Lundi 29 mai à 20h30, Ciné-Kaizen au Chaplin Denfert, projection de Captain Fantastic puis échange avec Clara Bellar et Mélissa Plavis.

• Mardi 30 mai 18h30-19h30 : Signature en Librairie Actes Sud – Les Originaux Galerie, 37 Rue Saint-André des Arts, Paris.

• Jeudi 1er juin 18h à 19h : Rencontre-dédicace à Chantelivre, 13 rue de Sèvres, Paris.

• Jeudi 1er juin à 19h au Liberté Living-Lab : séance anniversaire en présence de Clara Bellar et suivi d’une dédicace du livre. Séance mise en place par Judith Grumbach, réalisatrice d’Une Idée folle.

• Samedi 3 juin : Rencontre-dédidace au Cultura de la Villette (Ville-Up), de 16h à 17h.

• Samedi 10 juin : Signature à la librairie-salon de thé-restau bio Mille feuilles à BIEVRES (28 rue de l’église), de 16h30 à 17h30.

• Dimanche 11 juin : 2e Journée pour réinventer l’école par l’Ecole démocratique de Paris. Table-ronde et ateliers-rencontres avec François Bégaudeau et Clara Bellar.

• Samedi 17 juin à 14h30, Être et devenir au cinéma Le Colombier à VILLE D’AVRAY, en présence de la réalisatrice. La projection sera suivie d’une séance de dédicace du livre à la librairie-restaurant bio Mille Feuilles de 16h30 à 17h30, située en face du cinéma, 3 à 5 rue de Versailles 92410 Ville d’Avray.

• Jeudi 29 juin à 20h30, Ciné-Kaizen au Chaplin Saint Lambert, Projection d’Être et devenir, échange avec Clara Bellar, suivi d’une signature du livre.

« L’enquête de la mairie » est paru !

couv1_lem Nous sommes très heureuses de la publication de « L’enquête de la mairie, lorsque les enfants s’instruisent hors école Petit guide de survie à l’usage des professionnels et des familles » de Doriane Koscinski et Anne De Oliveira. Les souscripteurs ont reçu leur exemplaire, merci pour leur confiance et leur grande patience !
Ce petit livre au sujet spécifique a été écrit par des spécialistes du sujet (assistantes sociales) : elles mettent en avant la légitimité du maire pour cette enquête de la mairie, qui n’est en rien une enquête sociale. Tous les deux ans, la discussion avec les parents sert à établir quelles sont *les raisons* du choix de l’instruction hors école.
Précis et documenté, basé sur une étude auprès des personnes faisant ces enquêtes, le livre rappelle les principes de l’exercice. Il est surtout à mettre entre les mains des personnes qui auront à rencontrer les familles.

Doriane Koscinski est active auprès de l’association Led’a (https://www.facebook.com/LesEnfantsDAbordInstructionEnFamille)

à commander dans notre boutique : http://www.editions-instant-present.com/l’enquête-de-la-mairie-p-82.html

le Tour de France du Printemps de l’éducation fait étape à Blois et nous y serons

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Du 13 au 19 avril, le Tour de France du Printemps de l’éducation fait étape à Blois (41). Plusieurs évènements sont attendus :

Lundi 13 avril, Bernard Collot intervient de 12h30 à 14h pour un Café Philo au Lobis Bar. Pédagogue, Bernard Collot est auteur notamment des « Chroniques d’une école du 3e type » et d’un blog passionnant http://education3.canalblog.com.

Le soir du lundi 13 avril à 20h30, le film Being and Becoming / Etre et Devenir sur l’apprentissage autonome sera projeté au cinéma Les Lobis à Blois, suivi d’un débat en compagnie de Bernard Collot et de Marlène Martin, auteure de ‘Apprendre à lire en famille’.

Un stand des éditions l’Instant Présent vous permettra de feuilleter les ouvrages de John Holt, Alan Thomas et Harriet Pattison, Léandre Bergeron, Bernard Collot etc.
www.printemps-education.org/…/etape-du-tour-de-france-du-pr…
www.lamaisondesenfantsblois/printemps

« seul, à l’écoute des choses, intensément absorbé dans un jeu d’enfant… »

Alexandre Grothendiek est mort jeudi dernier, je vous renvoie à sa notice wikipedia et à cet article ( Alexandre Grothendieck, ou la mort d’un génie qui voulait se faire oublier, Libération) pour prendre l’ampleur du personnage, mais disons pour faire court qu’il est un des génies mathématiques français du XXème siècle dont l’engagement politique (antimilitariste et écologiste radical) et l’apparente irascibilité semblent être à la mesure de l’œuvre scientifique.
Il a laissé un manuscrit inédit de mille pages : « Récoltes et Semailles », daté de 1986 alors qu’il s’était retiré du monde académique. Il s’agit d’une autobiographie que l’on peut lire ici : www.scribd.com/doc/246583573/Recoltes-Et-Semailles-de-Grothendieck .

Je ne résiste pas à en recopier un passage très inspirant pour quiconque, et de plus, j’en suis certaine, il fera écho à tous ceux qui ont pu observer un enfant prendre la mesure de son monde, « seul, à l’écoute des choses, intensément absorbé dans un jeu » :

Dans notre connaissance des choses de l’Univers (qu’elles soient mathématiques ou autres), le pouvoir rénovateur en nous n’est autre que l’innocence.
C’est l’innocence originelle que nous avons tous reçue en partage à notre naissance et qui repose en chacun de nous, objet souvent de notre mépris, et de nos peurs les plus secrètes. Elle seule unit l’humilité et la hardiesse qui nous font pénétrer au cœur des choses, et qui nous permettent de laisser les choses pénétrer en nous et de nous en imprégner.

Ce pouvoir-là n’est nullement le privilège de « dons » extraordinaires – d’une puissance cérébrale (disons) hors du commun pour assimiler et pour manier, avec dextérité et avec aisance, une masse impressionnante de faits, d’idées et de techniques connus. De tels dons sont certes précieux, dignes d’envie sûrement pour celui qui (comme moi) n’a pas été comblé ainsi à sa naissance, « au delà de toute mesure ».

Ce ne sont pas ces dons-là, pourtant, ni l’ambition même la plus ardente, servie par une volonté sans failles,qui font franchir ces « cercles invisibles et impérieux » qui enferment notre Univers. Seule l’innocence les franchit, sans le savoir ni s’en soucier, en les instants où nous nous retrouvons seul à l’écoute des choses, intensément absorbé dans un jeu d’enfant…

Tournée française de Déirdre Bergeron

Déirdre Bergeron, 33 ans, a grandi, avec ses deux sœurs, « sans éducation ».
Son père, Léandre Bergeron, a raconté cela dans le livre Comme des invitées de marque.
Déirdre sera en Europe du 4 novembre au 8 décembre pour en témoigner.
(détails sur la page : http://www.education-authentique.org/index.php?page=conference-extraits
Vous trouverez sous la vidéo les dates de sa tournée française, et les détails des évènement sont téléchargeables à cette page : http://www.education-authentique.org/uploads/PDF_DIV/LieuxE.pdf

Gironde, les 4 et 5 novembre
Ariège, le 6 novembre
Haute-Garonne, le 7 novembre
Tarn, les 8 et 9 novembre
Aveyron, le 10 novembre
Corrèze, le 11 novembre
Creuse, le 12 novembre
Côte d’Or, le 13 novembre
Rhône, le 14 novembre
Savoie, le 16 novembre
Rhône, le 17 novembre
Yvelines, le 19 novembre
Seine-Saint-Denis, le 20 novembre
Paris, les 21 et 22 novembre
Loire Atlantique, le 23 novembre
Ille-et-Vilaine, le 24 novembre
Finistère, les 25 et 26 novembre
Loiret, le 27 novembre
Vosges, le 28 novembre
Meurthe-et-Moselle, le 29 novembre
Belgique, le 30 novembre
Luxembourg, le 1er décembre
Gard, le 2 décembre
Hérault, le 3 décembre
Pyrénées Orientales, le 4 décembre
Ardèche, le 5 décembre
Vaucluse, le 6 décembre
Isère, le 7 décembre

Bernard Collot sera demain mercredi 4 l’invité du débat suivant la projection du film « Etre et devenir » de Clara Bellar

Bernard Collot sera demain mercredi 4 juin l’invité du débat suivant la projection du film « Etre et devenir » de Clara Bellar, au cinéma le Saint-André-des-Arts (Paris 6e) à 13h en compagnie de la réalisatrice (infos http://cinesaintandre.fr/fr/evenements).

Nous nous réjouissons de l’écouter, lui qui a créé pendant 40 ans d’enseignement en classe unique les conditions pour que les enfants apprennent à leur rythme ce qui leur importe : une sorte d’apprentissage autonome dans un cadre scolaire ! Il a décrit cette expérience dans de nombreux livres, dans son blog (http://education3.canalblog.com) et surtout dans un livre passionnant, « Chroniques d’une école du 3e type » www.editions-instant-present.com/chroniques-dune-école-du-3e-type-tome-1-p-65.html.

Le film « Etre et devenir » intéresse les médias, à la fois par son approche décalée et minoritaire de l’apprentissage autonome qui intrigue, mais aussi parce qu’il donne à tous les parents, y compris à ceux qui ont fait le choix d’utiliser l’école, une bouffée d’affection pour leurs enfants et l’envie de passer plus de temps avec eux.

Pour voir les occasions de projection, à Paris, Marseille, Lyon, Perpignan, Rouen etc., voir le site www.etreetdevenir.com (« sortie »). Vous pouvez même le demander à votre cinéma préféré ! (il n’aura qu’à cliquer sur la page « contact »). Et si vous ne scolarisez pas votre enfant, c’est une excellente occasion d’y amener votre entourage hostile, il écoutera pendant deux heures des arguments brillants et convaincants !
Sur le même site (« revue de presse »), vous pourrez voir la belle couverture médiatique qui accompagne la sortie du film, qui permet de parler d’apprentissage centré sur les enfants, et finira peut-être de convaincre votre cinéma -ou votre entourage !

Sinon il reste la solution du DVD, qui sortira début 2015. La souscription au DVD, qui permet de le payer moins cher en l’achetant en avance, permettra aussi de financer le passage technique au format DVD. C’est par ici : www.editions-instant-present.com/Être-et-devenir-dvd-souscription-p-70.html.

Une classe Montessori dans le public

Une expérience est actuellement menée dans une école maternelle de ZEP dans la cité des Luths à Gennevilliers (92) : Céline Alvarez, éducatrice Montessori, a décidé de devenir prof des écoles pour amener cette pédagogie en école publique. Le projet est lancé depuis 2 ans et les résultats sont très bons, tant en matière d’apprentissages académiques que de bonnes relations dans la classe.

Au vu des infos présentées dans les films et les articles (voir en bas de message), on peut observer l’environnement assez spacieux de la salle de classe, un des besoins fondamentaux mis aussi en avant par Bernard Collot, par exemple dans un de ses derniers billets de son excellent blog (http://education3.canalblog.com/archives/2013/11/27/28525195.html).

Contrairement à la cérémonie chuchotée et l’apprentissage solitaire qu’on imagine parfois en école Montessori, on voit que les enfants interagissent ensemble. L’enseignant accompagne les enfants selon leurs besoins et n’est plus dans un rôle de pourvoyeur de leçons et de devoirs pour tous les enfants en même temps. L’atmosphère est celle d’une ruche tranquille où chacun s’active de façon autonome.

Commun à beaucoup d’approches alternatives, le multiâge permet certes aux plus jeunes d’être stimulés par la curiosité vis-à-vis de ce que font les plus grands… et aux plus grands de consolider leurs apprentissages lorsqu’ils expliquent quelque chose à leurs camarades. De plus les âges variés diminuent grandement les occasions de compétition qui stressent et rendent l’apprentissage moins efficace.

Ensuite on peut se poser la question de la nécessité du matériel, d’un matériel certes bien pensé et qui semble académiquement efficace, mais qui peut aussi éloigner des propres sujets d’intérêt de l’enfant, le risque étant de diminuer la connexion à soi. Néanmoins, cette expérience est remarquable et mérite d’être amplement saluée.

978-2-916032-18-4On retrouvera les fondements de la pédagogie Montessori dans notre livre “La pédagogie Montessori” (www.editions-instant-present.com/la-pédagogie-montessori-p-46.html)

Petite vidéo de quelques minutes : http://www.youtube.com/watch?v=KdrXWDFULXQ

Article dans “Le café pédagogique” : www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/04/23042013Article635022982296230018.aspx
Explications par l’enseignante : https://eduscol.education.fr/experitheque/consultFicheIndex.php?idFiche=8638
Le blog de l’école avec de nombreuses vidéos : http://lamaternelledesenfants.wordpress.com.

Comment ôter toute moelle à l’apprentissage de la lecture

A. est une petite fille de 6 ans, vive, joyeuse, curieuse, qui adore l’école maternelle de son village. Mais depuis le mois de septembre, alors qu’elle est passée dans la grande école, ça ne va plus si bien pour A., elle s’ennuie, tourne en rond… Ses parents sont inquiets et se posent des questions. L’institutrice qui est très jeune et n’a connu que cet établissement semble désemparée.

Mais lorsque le papa assiste à la première réunion d’information de l’école, tout s’éclaire. Lisez ce texte qu’il a écrit pour ses proches, et pour vous aussi tout s’éclairera. À mon avis, chers lecteurs, vous vous départagerez en deux groupes : ceux qui pensent à leurs années de jeunes parents et grincent des dents, et ceux qui pensent à leur enfance, plongés dans les tristes souvenirs de ces années où ils ont été directement confrontés à une de ces Mme R*…

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J’ai tout compris à l’apprentissage de la lecture.
Une dame d’une soixantaine d’années assène cette vérité d’une voix forte face aux parents, dans la classe d’A, 6 ans.

La soirée d’accueil des parents par les enseignants, dans l’unique classe illuminée au milieu de la nuit noire et brumeuse, est un moment à la fois convenu, un peu ennuyeux et touchant. S’asseoir à la place de sa fille, regarder ses affaires, voir l’endroit où elle passe ses heures diurnes, tout comme elle est déjà venue s’asseoir au bureau où je travaille. Elle m’a fait un dessin sur le tableau blanc du bureau, je lui ai fait un dessin dans son cahier, elle une princesse, moi un robot, nous sommes quittes.

Je suis arrivé en retard, deux minutes, que tous me pardonnent. Cela m’a empêché d’entendre qui était la dame qui a parlé en premier, avant la maîtresse, en au nom de quoi elle parlait. J’ai compris finalement que madame R* intervenait « une période[1] tous les quinze jours », ce qui explique sans doute pourquoi elle a discouru vingt-cinq minutes, à peu près autant que la jeune mademoiselle […] (qui, elle, intervient si je compte bien environ 22 périodes par semaine).

Apprendre à lire aux enfants, c’est ma passion, mon dada. (…) Je sais ce qu’il faut faire

Depuis 35 ans que je pratique… (…) J’ai tout compris à l’apprentissage de la lecture, et je sais pourquoi. Madame Ghislaine Wettstein Badour a écrit « Lettre aux parents de futurs illettrés » titre choc ! Quand je l’ai lu, j’ai enfin vu des mots décrivant ce que je fais depuis toujours.

J’imaginais que l’âge et l’expérience rendaient humble, que l’on découvrait au final la diversité du monde et des hommes et que l’ont apprenait à varier ses outils. Quelle erreur. Visiblement quand on devrait être à la retraite comme cette dame, on sait tout.

La suite du discours provoque le vertige. En vingt secondes, on nous explique les secrets de l’apprentissage de la lecture pour les enfants. Au tableau, le mot « lapin », accompagné d’un blabla confus dans lequel j’entends neurosciences et là le cerveau droit dit au cerveau gauche… et là dans la tête de l’enfant, ça fait clic ! (mais je comprends bien qu’au fond elle apprend aux petits que b-a à ba, il fallait les bien les neurosciences pour ça).

Enfermée dans une salle de classe... Vite ! Echapper à l'ennui !  Ainsi naissent les plus belles carrières en météorologie...(image : Twilight Sparkle, source inconnue)
Enfermée dans une salle de classe... Vite ! Echapper à l'ennui ! Ainsi naissent les plus belles carrières en météorologie... (image : Twilight Sparkle, source inconnue)

Attention, parents, maintenant, tremblez ! « Lettre aux parents de futurs illettrés » décrit la méthode qui marche pour tous les enfants, dans tous les pays. Car après 39 ans d’expérience, je sais. Les enfants qui ont des problèmes avec la lecture, deux ou trois ans après ils auront des problèmes avec les mathématiques, avec tout. Ça contamine tout, la lecture !

Prophétie d’apocalypse devant le parterre silencieux des parents, qui suivent avec politesse le déluge de vérités. Ça fait quinze minutes qu’on apprend que madame R* sait, qu’elle a de l’expérience, qu’elle supervise tout l’apprentissage de la lecture dans toutes les classes de l’école, qu’elle intervient en support à tous les niveaux. On entend parler des enfants (cette masse uniforme et générale de petits êtres qui fonctionnent tous pareil), du cerveau droit et du cerveau gauche qui se causent. Et les enfants de cette classe, pour lesquels tous les parents sont là dans le froid soir d’automne ? Ils sont sans doute comme les autres puisque c’est inutile de les mentionner.

Quand un enfant a des difficultés, on prend le temps, on insiste, avec la méthode, et ça marche. (je comprends : quand l’enfant n’entre pas dans le moule, insister avec le marteau, toujours le même marteau. Le marteau est bon, le moule est bon.)

La psychologie d’il y a trente ans est complètement dépassée, la psychologie d’il y a vingt ans est complètement dépassée… On vous parle de méthode globale… mais ce ne sont que des théories. Il n’y a qu’une seule méthode de lecture, c’est la méthode syllabique !

J’entends en imagination éclater la sonnerie des cuivres soulignant l’entrée en scène de la Révélation. Je n’ai aucune opinion sur la méthode syllabique, mais maintenant que je la vois ainsi auréolée de gloire…

Devrais-je avoir peur ? La conclusion devrait me rassurer : je suis au sommet de mes compétences, il est important que les enfants en profitent.

Comment prendre la parole après le conducator de la lecture ? J’ai de la peine pour la jeune mademoiselle […], la maîtresse. Tente-t-elle d’ouvrir la bouche ? La spécialiste revient pour un ultime salut, une dernière chose essentielle à mentionner… Des bribes de vérité ayant été saupoudrées sur le gâteau, Mme R.* quitte la salle, vous me permettez de m’esquiver. Je vous en prie.

Un peu de monotonie, un peu de paix ne nuisent pas après un tel feu d’artifice. L’institutrice nous explique d’une petite voix que la classe est gentille, studieuse et calme. Nous raconte les règles de vie de la classe (écrites dans le carnet, remis le premier jour), les nouveaux cycles scolaires (expliqués dans le carnet…), les évaluations, les absences, les petites règles de la petite vie scolaire. Les devoirs, la correction des devoirs[2].

Les objectifs de cette année et de la suivante (progressons doucement) :

En français, apprendre à lire, c’est le plus important.

Le lundi, les élèves avancent chacun à leur rythme, une page après l’autre, dans le livre de lecture (un machin vieillot et triste rempli de textes comme Une cane va à la mare. Luc suit la cane ; la cane vole ; Luc rit ; un canard arrive ; Luc fuit. Mais je sais grâce à qui vous pensez que c’est le bon livre.), puis, chaque matin, l’élève relit la dernière page travaillée du livre de lecture.

Autre objectif : écrire. On apprend à dessiner une lettre par semaine. Et un peu d’expression orale.

Objectifs en mathématiques, sur deux ans : savoir dénombrer jusqu’à deux cents, et faire des additions simples. On se contentera d’aller jusqu’à cinquante cette année.

Les autres matières : Connaissance et Environnement. Se situer dans l’espace, dans le temps, dans le monde. Observer la nature. Et un peu d’éthique et cultures religieuses, une fois par semaine, une matière qu’A. aime beaucoup, mais qui stresse les parents, à entendre les questions.

Deux périodes d’arts, deux de travaux manuels, deux autres de musique et chant, deux encore de gym et expression corporelle, plus on s’éloigne de la lecture, plus je sens mademoiselle […] à l’aise et heureuse avec les enfants. Rien de tout ceci n’est exaltant, mais il n’y aurait rien d’affolant s’il n’y avait la terreur de la lecture, soigneusement entretenue par le comité central et qui impacte jusqu’aux maîtresses.

L. (dont l’aîné, un garçon sensible, curieux et intelligent, a fait un blocage sur la lecture pendant trois ans sous l’influence de madame R*) pose une question d’un ton aimable : si un enfant n’accroche pas à la méthode proposée, essayez-vous autre chose ? La réponse est oui, bien sûr : on réessaye avec la Méthode, avec les procédés de secours prévus par la Méthode. Je vois.

On pose des questions, nous nous faisons annoncer les prochaines sorties, les projets d’activités culturelles, de ces choses qui mettent des relais dans l’année et convainquent A. d’aller « encore un peu à l’école ». J’écris un mot doux dans le cahier personnel de ma petite fille et je lui dessine le robot CX pendant que L. fait un dinosaure super beau dans celui de son petit garçon. Je visite la classe, regarde les livres de la bibliothèque (où l’enfant peut aller piocher quand il a fini sa corvée de lecture du matin), les jeux en libre service, les choses gentilles, je cherche à reconnaître le dessin fait par A. parmi ceux accrochés au tableau. Les murs sont bien nus… il fait un peu froid dans la salle. Je bois un verre d’eau à bulles, mange un petit gâteau, puis je m’enfuis et rentre à la maison, dans la brume.


[1] Comprendre : « une période de 45 minutes »

[2] A entendre les explications, de la maîtresse, j’ai l’impression qu’elle ne se rend pas compte que tous les parents présents ont regardé les devoir de leurs enfants et savent très bien de quoi elle parle.

« A lire avant la rentrée des classes » par ‘écritvain’

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Pascal, “écritvain” et instituteur, publie sur son blog “A lire avant la
rentrée des classes” : c’est une charge fine et forte contre l’institution scolaire, à l’occasion de son compte-rendu du livre de Jean-Pierre Lepri,

 

Interview radio à propos de « Les Apprentissages autonomes » de John Holt

laa_nlVictorine a répondu à une interview menée par Véronique Maciejak et Alexandra Kazan à propos du livre « Les apprentissages autonomes » de John Holt sur la Radio SNCF dans les chroniques du 17/20.
Cliquez sur le lien ci-dessous !
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