Des publications réjouissantes

Un peu de pub copinage, pour tous les âges :

Si vous avez un bébé, lisez :
« POUR UNE ENFANCE HEUREUSE » de Catherine GUEGUEN
Catherine est pédiatre, très impliquée dans la prévention des violences éducatives. Un grand merci à elle !

Si votre enfant traverse l’âge de raison, ou, comme le décrivait Montessori, l’âge de la sérénité et de la force, je vous recommande vivement la lecture du nouveau livre d’Isabelle Filliozat, « IL ME CHERCHE ». Indispensable.

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Enfin, si votre enfant est dans l’adolescence, reconnectez et régalez-vous ensemble de cette BD :
« LES QUATRE SŒURS », de Cati Baur et Malika Ferdjoukh
Le Tome 1 est initialement paru chez Delcourt, puis chez Rue de Sèvres. Le tome 2 récemment paru chez Rue de Sèvres.

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viol et violence, une petite fille autiste

Un entretien téléphonique de Magali Pignard

Magali écrit  » La mère ne sait plus quoi faire. Elle a retiré Mallaury de l’ITEP et sa fille et elles souhaitent une instruction à la maison. Le directeur d’académie des Charentes, (16) refuse sa demande. »
Message pour la maman de Mallaury : contactez-nous pour en savoir plus sur les droits à l’Instruction en Famille.

http://laia.asso.free.fr/conief.html

Déclaration : Lettre type

AAD en danger : et si on mesurait la qualité de l’expérience ?

Vous avez été nombreux à réagir à notre article AAD en Danger et à faire circuler l’information sur les réseaux sociaux.

AAD, photo de Nils Fretwurst (cc) en.wikipedia.org/wiki/File:Baby_boy_after_birth.jpg
AAD, photo de Nils Fretwurst (cc) en.wikipedia.org/wiki/File:Baby_boy_after_birth.jpg

Voici d’importants compléments d’information :
* Le Mouvement pour l’Accouchement à Domicile a publié un dossier de presse très complet, qui compile et analyse les résultats de plusieurs études scientifiques d’envergure.
Il en ressort plusieurs éléments dont il faut absolument tenir compte lorsque la discussion aborde le domaine de la médecine factuelle (l’ensemble des pratiques médicales basées sur les résultats des recherches scientifiques) :
– en ce qui concerne les études menées aux USA, il faut savoir que les exigences de formation des sages-femmes ne sont pas aussi strictes, suivant les états, qu’en France.
– en ce qui concerne les études menées en Australie, il faut considérer le temps de transport souvent important lorsque le transfert hospitalier est nécessaire en situation d’AAD.
* L’école des sages-femmes de l’Université de Colombie Britannique propose également un ensemble de résumés d’articles scientifiques sur l’accouchement à domicile. Parmi nos lectrices et lecteurs anglophones et scientophiles, qui aura le courage de se lancer dans un tableau comparatif des résultats de toutes ces études ?

Pour permettre aux femmes de prendre une décision véritablement éclairée, en pesant soigneusement les bénéfices et les risques, plusieurs dimensions doivent être prises en compte :
– quels critères permettent aux sages-femmes de juger qu’une grossesse n’est pas à risque ?
– quel ratio bénéfices/risques pour la santé de la mère ?
– quel ratio bénéfices/risques pour la santé du bébé (en distinguant les interventions qui peuvent nuire à la santé du fœtus des moyens de ressuscitation d’un bébé à la naissance)
– quels facteurs peuvent modifier le ratio bénéfices/risques ? (par exemple : niveau de formation des sages-femmes, distance de l’hôpital, conditions d’hygiène, etc.)
– quelle qualité d’expérience pour la mère et l’enfant ?

Ce dernier point fera grimacer nombre de médecins. Après tout, disent-ils, quelle importance que le ressenti de l’accouchement si cela assure des vies ? (disent ceux qui n’ont pas lu les études ci-dessus. On notera que les femmes qui sont rassurées par une naissance à l’hôpital ne subissent pas de telles attaques, et tant mieux !)

La qualité du vécu de la naissance, quel que soit le contexte, est un élément qui va faciliter grandement le processus d’attachement mère-enfant (et père-enfant !). Bien entendu, l’attachement peut s’installer dans les conditions les plus difficiles, des femmes accouchent en temps de guerre, des grands prématurés s’attachent après un long séjour en néonatologie. L’accouchement respecté n’est donc ni une garantie ni le prérequis d’un attachement sécure, mais il en est toutefois un facteur facilitateur important. Un attachement sécure, c’est un parentage plus simple, plus joyeux, une meilleure qualité de vie pour la famille.

Est-ce si négligeable ? Qu’en dit la science ? Un bébé dont l’attachement est sécure pleure moins et ses parents répondent de façon plus ajustée à ses besoins (ni trop, ni trop peu). C’est aussi moins de fatigue et moins de stress pour toute la famille (toutes choses égales par ailleurs). Il faut avoir oublié – ou n’avoir jamais connu – l’état d’épuisement phénoménal que vivent les parents d’un nouveau-né pour se permettre de mépriser tout ce qui peut faciliter les relations parents-bébé. Ou bien il faut avoir la vue très courte, ce qui n’est jamais une bonne chose lorsqu’on discute de santé publique.

Une classe Montessori dans le public

Une expérience est actuellement menée dans une école maternelle de ZEP dans la cité des Luths à Gennevilliers (92) : Céline Alvarez, éducatrice Montessori, a décidé de devenir prof des écoles pour amener cette pédagogie en école publique. Le projet est lancé depuis 2 ans et les résultats sont très bons, tant en matière d’apprentissages académiques que de bonnes relations dans la classe.

Au vu des infos présentées dans les films et les articles (voir en bas de message), on peut observer l’environnement assez spacieux de la salle de classe, un des besoins fondamentaux mis aussi en avant par Bernard Collot, par exemple dans un de ses derniers billets de son excellent blog (http://education3.canalblog.com/archives/2013/11/27/28525195.html).

Contrairement à la cérémonie chuchotée et l’apprentissage solitaire qu’on imagine parfois en école Montessori, on voit que les enfants interagissent ensemble. L’enseignant accompagne les enfants selon leurs besoins et n’est plus dans un rôle de pourvoyeur de leçons et de devoirs pour tous les enfants en même temps. L’atmosphère est celle d’une ruche tranquille où chacun s’active de façon autonome.

Commun à beaucoup d’approches alternatives, le multiâge permet certes aux plus jeunes d’être stimulés par la curiosité vis-à-vis de ce que font les plus grands… et aux plus grands de consolider leurs apprentissages lorsqu’ils expliquent quelque chose à leurs camarades. De plus les âges variés diminuent grandement les occasions de compétition qui stressent et rendent l’apprentissage moins efficace.

Ensuite on peut se poser la question de la nécessité du matériel, d’un matériel certes bien pensé et qui semble académiquement efficace, mais qui peut aussi éloigner des propres sujets d’intérêt de l’enfant, le risque étant de diminuer la connexion à soi. Néanmoins, cette expérience est remarquable et mérite d’être amplement saluée.

978-2-916032-18-4On retrouvera les fondements de la pédagogie Montessori dans notre livre “La pédagogie Montessori” (www.editions-instant-present.com/la-pédagogie-montessori-p-46.html)

Petite vidéo de quelques minutes : http://www.youtube.com/watch?v=KdrXWDFULXQ

Article dans “Le café pédagogique” : www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/04/23042013Article635022982296230018.aspx
Explications par l’enseignante : https://eduscol.education.fr/experitheque/consultFicheIndex.php?idFiche=8638
Le blog de l’école avec de nombreuses vidéos : http://lamaternelledesenfants.wordpress.com.

Données scientifiques : l’accouchement à domicile en danger, appel à contribution

felix-aAppel à celles et ceux qui se sentent concernés par l’accouchement à domicile !
Contribuez à une réponse aux personnalités de l’obstétrique qui menacent la liberté d’accoucher chez soi.

Pourquoi c’est important ? Parce que connaitre l’argumentaire des opposants permet, dans le meilleur des cas, un véritable dialogue, et, dans le pire des cas, de ne pas se laisser influencer par un discours paternaliste et infantilisant.

Apportez vos chiffres, vos références, votre lecture…

Voici ce dont il s’agit :

Le Dr Chervenak est un obstétricien renommé aux USA. Il est très impliqué dans la lutte contre l’accouchement à domicile. Dans un article récemment paru, qu’il a présenté en Juin 2012 au Congrès de Médecine périnatale à Paris (à télécharger ici : chervenakal2013), il enjoint vigoureusement les praticiens de santé obstétrique à décourager tout projet d’accouchement à domicile (AAD).

Joignons nos esprits critiques pour examiner dans le détail ses arguments, en identifiant ceux qui sont fallacieux tout en considérant ceux qui sont légitimes.
C’est une double nécessité :
– d’une part parce que les médecins qui vont relayer le discours du Dr Chervenak ne prendront hélas pas tous le temps de vérifier les sources de ce dernier
– et d’autre part, parce que si le Dr Chervenak a effectivement identifié une source réelle de danger pour la mère ou l’enfant dans le cadre de l’AAD, il est nécessaire de fournir cette information aux mères qui projettent d’accoucher chez elles afin qu’elles prennent leur décision en connaissance de cause, suivant le principe du consentement éclairé.

Voici ce que disent, en résumé, le Dr Chervenak et ses collègues :
– un professionnel qui soutient l’AAD agit de façon irresponsable
– le risque de décès du nouveau-né est multiplié par 2 à 3 dans le cas d’AAD. Il ne cite qu’une seule étude pour étayer cette estimation, l’étude de Wax et al. 2010, que nous examinerons plus bas
– lorsque le transfert hospitalier en urgence est nécessaire, le risque de mortalité périnatale est multiplié par 8. Notez qu’il s’agit là d’une étude australienne où les distances à parcourir pour arriver à l’hôpital sont conséquentes.
– Il affirme que le taux de transfert hospitalier en cours de travail correspond à 17% des multipares et 49% des nullipares (chiffres des pays-bas).
– Toutefois, les auteurs ne sont pas parvenus a trouver de différences significatives concernant le risque pour le bébé et pour la mère aux pays-bas entre les naissances prévues à la maison et les naissances prévues à l’hôpital. Ils se penchent sur les chiffres australiens cités plus haut. Ces chiffres ne montrent pas non plus de différence, sauf dans le cas de décès par asphyxie in utero (au cours du transport peut-on supposer).
– Les auteurs notent que l’absence d’un système de transport adapté au travail en cours augmente potentiellement le risque associé au transfert hospitalier (on ne peut qu’être d’accord).
ils considèrent que la responsabilité médicale de prendre soin de la parturiente et du bébé ne doit pas être subordonnée aux droits des femmes de prendre des décisions concernant leur corps.
– Il affirme qu’un professionnel de santé ne peut pas considérer l’AAD comme « médicalement raisonnable » et que sa responsabilité professionnelle lui interdit de participer à ce type de projet.
– Ils concluent en écrivant que les partisans de l’AAD sont un exemple frappant de ce qui se passe quand l’idéologie remplace le jugement professionnel*.

Concernant la seule étude qu’ils citent pour leur argument central, à savoir que le risque de décès du nouveau-né est multiplié par 2.87, les auteurs de l’étude (Wax et al., 2010 , à lire ici : wax et al ) mentionnent que les échantillons sont faibles pour considérer que le chiffre est fiable, mais qu’il est essentiel de réaliser de nouvelles analyses afin de vérifier ce chiffre et, le cas échéant, pour pouvoir identifier les facteurs de risques et ainsi réduire ce taux de décès. On ne peut qu’être d’accord. Les auteurs montrent par ailleurs que tous les autres risques pour la mère et le fétus dans le cadre d’une naissance à domicile sont soit équivalents, soit significativement inférieurs à ceux observés dans le cadre d’une naissance à l’hôpital. Pourtant, les auteurs ne peuvent pas être soupçonnés, si on en croit le ton de l’article, d’être favorables à l’AAD.

On peut télécharger ici les textes des articles de Chervenak et al. et de Wax et al. chervenakal2013 , wax-etal

*j’y vois un bel effet de « c’est celui qui dit qui y est » puisqu’ils ne mentionnent à aucun moment les bénéfices démontrés pour la mère, y compris ceux qui sont détaillés dans l’étude de Wax et al., sur laquelle ils s’appuient pourtant fortement. Le choix d’un langage sensationnel (on pourrait s’amuser à compter le nombre d’occurrences des termes comme « professional », « responsability » et « compassionate ») déroge en soi au formalisme scientifique auquel les auteurs font appel dans leur argumentaire.

Le quotidien a pris un petit coup de jeune !

p19Avez-vous noté la réédition du quotidien avec mon enfant de Jeannette Toulemonde ? Paru pour la première fois en 1983 sous le titre Place à l’enfant !, le livre est rapidement devenu un classique pour ce qui est de l’adaptation des grands principes de la pédagogie Montessori au petit enfant. À l’occasion de ses 20 ans, l’équipe de l’enfant et la vie lui a donné un petit coup de jeune, avec aussi quelques nouvelles illustrations signées BrightEyedMum.

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Le quotidien avec mon enfant, adapter l’environnement du petit enfant suivant la pédagogie Montessori, de Jeannette Toulemonde, 225 page, 19 €. (+ d’info, boutique)

 

des Blocs d’Or pour les filles ?

Et pour continuer sur le sujet des blocs de construction, vous avez vu cette publicité pour la marque de jouets « GoldieBlox » (« blocs d’or ») ? la voici, elle est vraiment réjouissante :

(Vous pourrez trouver une traduction des paroles sur : www.madmoizelle.com/goldieblox-petites-filles-jouets-feminisme-212639)
La note d’intention de la marque dit en substance : « Nous sommes une compagnie de jouets qui veut montrer au monde entier que les filles méritent mieux que des poupées et des princesses. Nous croyons en la force de la féminité et que les filles vont – littéralement – construire l’avenir. »
GB_Box_v6_6_2013
On ne peut bien entendu, qu’être d’accord, mais je garde une certaine ambivalence : est-ce que ce seraient les parents ou les enfants qui sont supposés avoir besoin de Boucle d’Or sur la boite pour qu’une fille reçoive un kit de construction scientifique ?
Est-ce que, plutôt que de les dénoncer, n’est-ce pas participer encore plus, et d’une façon insidieuse, à la profusion de jouets genrés ?

L’autiste, la bactérie et le scientifique

On commence à savoir (= la recherche scientifique commence à avoir accumulé suffisamment de données pour considérer que c’est une hypothèse solide) que les enfants autistes présentent plus de risques que les neurotypiques de souffrir de troubles gastro-intestinaux. On sait également que les enfants autistes présentent très souvent des restrictions alimentaires importantes. Œuf ? Poule ? Est-ce qu’ils ont mal au ventre parce qu’ils mangent bizarrement ou bien mangent-ils bizarrement parce qu’ils ont mal au ventre ? Ou encore, mangent-ils bizarrement parce qu’ils ont mal au ventre et, ce faisant, aggravent le problème ?

Morgan, de www.decipher-morgan.com
Morgan, de www.decipher-morgan.com

Des chercheurs ont publié cet été une étude qui montre que la flore intestinale d’un groupe d’enfants autistes est plus limitée, moins variée, que celle d’un groupe d’enfants neurotypiques. Les auteurs font bien entendu le lien avec le régime alimentaire des enfants autistes, et notent que les souches de bactéries absentes chez les autistes sont plutôt celles qui favorisent la digestion des carbohydrates.