parution de Les Apprentissages autonomes de John Holt

laa_1st Et voilà ! La tant attendue traduction de Learning all the time de John Holt est tout juste parue, sous le titre Les Apprentissages autonomes, ou Comment les enfants s’instruisent sans enseignement.
Un énorme merci aux souscripteurs pour avoir cru en nous !
Rendez-vous sur cette page : www.editions-instant-present.com/LAA/ pour une présentation du livre et plus : table des matières, préfaces française et américaine, et téléchargement du premier chapitre Ce que peuvent faire (ou ne pas faire) les parents

traduction française de Learning All The Time, de John Holt : la souscription est lancée !

La traduction tant attendue du livre de John Holt : Learning All The Time est enfin disponible à la souscription !
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John Holt a été, dans les années 1970 et 1980, le précurseur de l’école à la maison aux Etats-Unis, qui concerne désormais 5 % des enfants américains. Mais John Holt est surtout précurseur de la légitimité et l’efficacité des apprentissages autonomes, ceux qui sont à l’initiative des enfants, en interaction avec leur entourage.

Son livre Learning all the time paru en 1988 de façon posthume est la somme de toutes ses recherches sur le sujet. Illustrées par de nombreuses anecdotes, ses idées stimulent nos réflexions et notre bienveillance vis-à-vis des enfants, qu’ils soient scolarisés ou non, car vivre c’est apprendre !

La souscription est lancée au prix de 13€ contre 17€ prévus à la sortie librairie, celle-ci étant programmée pour le mois de mars 2011. Nous vous rappelons que la souscription est le seul moyen pour vous d’acquérir les livres à moindre prix, et nous soutient, en tant qu’éditeur indépendant.
www.editions-instant-present.com/souscription-pour-la-traduction-de-learning-all-the-time-p-26.html

Apprendre à lire simplement

Marlène Martin a été interviewée sur une radio nationale à propos de “Apprendre à lire en famille” – on peut ecouter le podcast ici – et cela m’a donné envie de remettre ce sujet sur le tapis.

Depuis la parution du livre de Marlène, j’observe avec attention que la question de l’apprentissage de la lecture génère chez la plupart des parents des postures un peu crispées, une réaction que je trouve d’ailleurs légitime compte tenu des pressions sociales, même si je suis convaincue que cet apprentissage bénéficierait de plus de souplesse, de joie et même d’insouciance.

Je m’explique :
pour la très grande majorité, l’apprentissage de la lecture est l’étape charnière de l’éducation d’un enfant. Je pense moi-même que lire est une compétence fascinante et potentiellement libératrice, une croyance qui m’a d’ailleurs amenée devenir éditrice 🙂

Cependant, je reste très critique d’une grille de lecture (ah ! ah !) normalisante où le savoir-lire est vu comme plus important que d’autres compétences, à mon avis également fascinantes et libératrices, telles que la capacité à identifier ses émotions, la prise en charge sa propre alimentation et de sa propre santé, la résolution non-violente des problèmes, toutes compétences qui se mettent en place des le plus jeune âge. Pour ceux qui haussent les épaules devant cette liste un peu néo-baba (ou “née à bobo” ?), je pense aussi à d’autres compétences, nettement plus académiques, mais tout aussi essentielles : la discussion critique, le décodage de l’image, la rigueur des démonstrations, l’observation naturaliste, la traduction du monde perceptible en termes mathématiques, le penser/classer, …

Mon propos est donc de remettre la lecture à sa place : c’est une connaissance majeure dans notre société, mais pas la seule, et je ne crois pas que lui attribuer la prépondérance dans la vie de l’enfant soit une approche optimale. Ce que j’ai appris dans “Apprendre à lire en famille”, c’est ça justement : remettre la lecture à sa place, c’est-à-dire dans le quotidien, dans le même éventail des possibles que la liste (incomplète) des compétences du paragraphe précédent.

La lecture n’est ni un terrain réservé aux seuls experts de son apprentissage (posture d’exclusivité scolaire) ni non plus une capacité innée qui ne devrait nécessiter aucune intervention extérieure (posture qui résulte d’une incompréhension de processus cognitifs en général). La réalité, comme toutes les réalités, se situe entre les deux théories extrêmes, avec une belle variabilité tout humaine : certains enfants acquièrent la lecture si facilement et rapidement que cela semble une compétence innée et naturelle, d’autres enfants ont besoin d’un accompagnement plus attentif; certains enfants manifestent très tôt leur intérêt pour l’écrit (bien avant que l’école ne le leur propose), tandis que d’autres enfants ne s’y intéressent que très tard (bien “trop” tard du point de vue des programmes scolaires). Dans tous les cas, il me parait essentiel de ne pas enfermer a priori l’enfant dans une case, mais bien d’être attentif à son développement et de lui proposer une environnement suffisamment riche et serein qui lui permettra de mener son propre apprentissage.

Est-ce qu’il est indispensable d’avoir tout lu, tout compris et tout appris “Apprendre à lire en famille” pour offrir un tel environnement à son enfant ? Non. Croire cela, ce serait retomber dans le travers qui ferait réserver aux experts l’accompagnement de l’enfant. En ce qui me concerne, j’ai trouvé que le livre de Marlène me facilitait incroyablement les choses, tout au bénéfice de mon fils, à qui j’ai pu proposer un environnement détendu et sans attente, parce que moi, parent, j’avais une vision globale et sereine des processus en jeu. Je ne crois pas que ça soit indispensable néanmoins. Pour faire un parallèle, on peut explorer l’alimentation vivante seul, au gré des rencontres, mais lire Valerie Cupillard permet de prémacher (ah ! ah !) le travail.

Est-ce qu’accompagner l’apprentissage de la lecture nécessite de s’assoir a table de façon régulière et de travailler scolairement ? Surtout pas ! Voila l’inquiétude que j’ai remarquée chez beaucoup de parents, scolarisants et non-scolarisants, cette idée qu’il “faudrait” être scolaire pour apprendre à lire, même à la maison. Pourtant, je le vois, ces parents qui craignent de ne pas en faire assez sont bien souvent ceux qui font précisément juste ce qui convient a leur enfant !

Je pense à ce garçon de 6 ans, non scolarisé, qui voulait écrire un panneau “Stop” pour une scène faite en pâte à modeler. Il nous a demandé un modèle, a écrit les lettres sur un papier, a corrigé de lui-même une erreur, a contemplé son travail avec satisfaction, et complété la scène. Il a ensuite, dans la foulée, voulu copier deux mots écrits sur un imprimé, puis est passé à autre chose. L’intervention des adultes s’est réduite à très peu : écrire le modèle à sa demande, lire le résultat quand il l’a montré, constater que les mots copiés disaient la même chose que l’imprimé. Le tout n’a pas duré plus de quelques minutes, a été le résultat d’une démarche venue de l’enfant, mais dans un environnement particulièrement riche et privilégié : l’enfant jouait avec des adultes, il y avait à portée de main du papier et des stylos, il y avait un programme de cinéma qui trainait sur la table, aucun des adultes n’avait d’attente particulière sur ce que l’enfant ferait, ni d’évaluation sur ce qu’il a fait.

Apprendre à lire en famille, il me semble que c’est ça, précisément : être présent, attentif et disponible, aimer lire (ce qui doit être votre cas si vous avez lu ce long post), accueillir sans jugement ce que produit l’enfant, proposer sans attente. Il suffit de quelques minutes, quelques fois par semaine (parfois avec des pauses de plusieurs mois), et bien sur beaucoup d’amour, de confiance et de respect…

Newsletter mai 2010

Chers lectrices et lecteurs,

Quoi de neuf aux éditions L’Instant Présent pour cette fin de printemps ? C’est avec plaisir que nous vous adressons ces informations sur quelques temps forts à venir pour notre maison :
Nouveau livre
Très attendu, notre nouvel ouvrage, Tremblements de mères, arrive enfin ! Tremblements de mères est le premier livre grand public consacré à un sujet essentiel, qui concerne 10% des nouvelles mères, la difficulté maternelle. Ce livre nous invite à rencontrer les femmes de l’association Maman Blues, qui partagent leur histoire à travers des témoignages, élaborés et poignants. Incomprises, mal soignées, victimes de préjugés et de tabous sociaux, elles sombrent et leurs enfants sombrent parfois avec elles. Toute mère pourra y reconnaître des éléments de ce qu’elle a vécu, fugacement pour la plupart d’entre nous, avec plus d’intensité pour certaines…
La seconde partie du livre est une analyse du phénomène de la difficulté maternelle, appuyée par des textes de scientifiques et de cliniciens, qui ouvre des perspectives de compréhension, d’information, de soins et de prévention.
Nine Glangeaud Freudenthal, psychologue et chercheur au CNRS ainsi que Michel Dugnat, psychiatre et pédopsychiatre responsable de l’Unité parents-bébé de Marseille, nous ont fait l’honneur de présenter et clore ce travail, par leurs magnifiques préface et postface.
Ceux qui nous connaissent bien savent que Tremblements de mères a été mis en souscription à l’automne dernier au prix de 18 euros pour un prix public prévu de 23 et une épaisseur prévue d’environ 250 pages. Mais le travail d’approfondissement du sujet a été si intense que l’ouvrage final fera 475 pages et sera mis en vente au prix de 26,90 euros. Nous allons néanmoins maintenir la souscription, qui vous permet une économie de 33%, jusqu’à ce que le livre sorte de chez l’imprimeur, le 27 mai. C’est pour vous peut-être le meilleur moment de réserver votre exemplaire, qui vous sera envoyé des sa sortie, sans frais de port.
Plus d’informations sur la page : www.editions-instant-present.com/TDM

Nouvelle souscription

Nous sommes heureuses de vous présenter notre prochaine publication, pour laquelle vous pouvez d’ores et déjà souscrire, nous vous rappelons que le système des souscriptions nous permet de financer une partie des coûts d’impression, tout en vous offrant la possibilité de réserver nos livres à un prix réduit. Claude Didierjean-Jouveau, auteure réputée et appréciée dans le domaine de la parentalité respectueuse, devenue grand-mère, nous engage sur le chemin de la grand-parentalité respectueuse.
Après avoir évoqué l’histoire de la grand-parentalité, Claude Didierjean-Jouveau fait partager réflexions et témoignages souvent émouvants sur la façon dont les relations grands-parents-parents-enfants s’incarnent dans l’affection, le soutien, la transmission. L’auteure donne des pistes en cas de conflits, afin que la bienveillance réciproque puisse l’emporter.

Journées des doulas

Les Journées des Doulas 2010 auront lieu à Paris les 29 et 29 mai prochain. Elles rassemblent professionnels et familles dans une réflexion sur l’accompagnement de la naissance au plus près des besoins de la mère et de l’enfant à naître. À La Maison des Associations Solidaires, 10 rue des Terres au Curée, Paris 13è.
Plus d’informations : www.doulas.info
Journées des doulas 2010
Nous aurons le plaisir d’y tenir un stand, et nous invitons les Franciliens d’un jour ou de toujours à venir nous y rencontrer. Venez nous parler des livres que vous avez aimés, de ceux que vous aimeriez voir paraître, n’hésitez pas à partager vos critiques et réflexions ou à nous embarquer dans des discussions sur l’avenir du livre électronique ou sur le rôle de l’édition indépendante dans un monde de culture et de consommation de masse…
Vous pourrez y découvrir en avant-première Tremblements de mères, à l’encre encore toute fraîche… Peut-être après avoir écouté Nadège Beauvois-Temple, présidente de l’association Maman Blues et co-auteur du livre ? Elle assurera le samedi matin 29 mai une session pleinière, et co-animera l’après midi un atelier sur le thème « Difficultés maternelles, burn-out et choc post-traumatique ».
Seront également présentes Muriel Bonnet del Valle, auteure de La naissance, un voyage, L’accouchement à travers les peuples (vendredi 28 mai après-midi) et Marlène Martin, auteure de Apprendre à lire en famille (vendredi 28 et samedi 29 mai).
Nous nous réjouissons de vous rencontrer bientôt, et restons à votre disposition pour toutes vos remarques (par mail contact@editions-instant-present.com ou sur notre forum www.editions-instant-present.com/forum). Un grand merci pour votre intérêt pour nos livres !

Bien à vous tous,
L’équipe des éditions l’Instant Présent.

Colloque de Chambéry : bases communes et point(s) de divergences

Un colloque très intéressant a eu lieu à Chambéry les 14-15 novembre 2009. Intitulé “Réflexions autour des différents modes d’instruction et de la place de la famille”, il est le premier d’une série, qu’on espère longue, de colloques interrogeant chaque année la “parentalité et les pratiques éducatives”. Il était organisé par Delphine Gazzabin avec les associations ‘Yapock’ et ‘Bien-naitre et grandir’ (http://colloque.parentalite.free.fr).
Un article du quotidien le Dauphiné, paru quelques jours avant, mettait en avant les questionnements que peuvent avoir les parents d’aujourd’hui, concernant les pratiques éducatives et l’école en général. Je ne sais pas s’il y a eu beaucoup de parents “lambda” venus à la suite du Dauphiné, mais si oui, le programme du colloque les a subtilement menés vers une réflexion sur la non-sco…
En effet, les conférences du samedi démarraient tranquillement sur la famille aujourd’hui (Catherine Dumonteil-Kremer qui a notamment raconté ce qu’internet a apporté dans ces réflexions partagées) et les rapports entre les familles et l’école aujourd’hui (basée sur une mauvaise expérience de Josiane Blanc, qui l’a transformée en livre : “Une mère face à l’école”).
L’après-midi a permis d’entendre des réflexions passionnantes sur différentes modalités d’apprentissage : Yves Béal et Frédérique Maiaux ont évoqué leurs pratiques et expériences passées pour “rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages” (dans le titre de leur livre, ils auraient préféré “pilotes” au lieu d'”acteurs”), plutôt que d’être écrasés par les jugements et les notes. Jean-Pierre Lepri, qu’on peut lire chaque mois dans une lettre passionnante à laquelle on peut s’abonner en bas de cette page : http://fr.groups.yahoo.com/group/Appvie-crea, a ravi les oreilles des familles en apprentissage autonome en redisant brillamment combien apprendre était naturel, qu’il fallait sortir de la pédagogie (et beaucoup d’autres choses). Patrick Dorpmund a rendu compte des différentes formes d’intelligences multiples, en se basant sur les travaux de Howard Gardner et en nous les faisant comprendre par de petits exercices concrets.
Après un repas servi par un traiteur bio dans la grande salle au dessus, où l’on pouvait voir des exposants variés (livres, matériel pédagogique, jeux de créateurs, associations locales ou non-sco, Led’a était là ainsi que les Plumes de Laia via le stand des éditions l’Instant présent), la soirée a commencé. Chacun était invité à participer à un atelier qui évoquait concrètement les alternatives à l’école classique : les écoles alternatives (Montessori, Steiner), les alternatives dans l’Education nationale (Freinet, GFEN auquel appartient Yves Béal) ainsi que l’apprentissage en réseau et dans le cadre familial, avec un compte-rendu des sorties non-sco en Rhône-Alpes et une discussion passionnante de parents intéressés par l’IEF avec des mamans de Led’a (Les enfants d’abord).
Le dimanche a permis de poursuivre la réflexion sur ‘Apprendre en dehors de l’école’. En l’absence de Elisabeth Walter, retenue à Lille, Delphine a fait une présentation de l’Instruction en famille en France. Puis on a entendu Sylvia Dorance parler des pédagogies alternatives en famille, notamment la pédagogie Freinet qui est celle qu’elle connait le mieux. Expérimentée dans la rédaction en chef de magasines pour enfants, créatrice du site Ecole vivante qui édite des livres électroniques ciblant les parents non-sco, elle nous a paru témoigner du succès de la non-sco en France, puisque un éditeur extérieur au milieu est désormais apparu. J’ai ensuite présenté l’approche de Marlène Martin dans son livre ‘Apprendre à lire en famille’.
Nous avons eu la chance ensuite d’entendre Alan Thomas, qui a poursuivi ses recherches après son travail sur l’entrée en lecture des enfants non-sco, qui nous avait valu quelques belles pages rassurant les parents de lecteurs tardifs. Il dit que ça le passionne d’explorer des terres inexplorées en sciences de l’éducation. Ses observations portent cette fois-ci sur les modalités d'”apprentissage informel”, appelé “unschooling” en Amérique du nord, “apprentissage naturel” en Australie, “apprentissage autonome” en Angleterre, dans un nouveau livre intitulé “How children learn at home”, avec Harriet Pattison (http://howchildrenlearnathome.co.uk). Il a rappelé l’anecdote qu’une maman lui avait racontée. Elle avait demandé à l’inspecteur : que pensez-vous d’un enfant qui à 10 ans et demi lit Roal Dahl et Jules Verne (“très bien, très bien, bon succès de l’IEF”). Mais que dites-vous d’un enfant non-sco qui à 10 ans ne sait pas lire ? (“oh là là”). Eh bien monsieur, c’est le même enfant ! Alan Thomas a étudié les modalités d’acquisition des connaissances lorsqu’elles sont acquises de façon autonome par l’enfant, en interaction avec son entourage.
L’après-midi a été marqué par l’exposé passionnant de Daniel Favre. Il a évoqué son travail de recherche, en compagnie d’enseignants, pour diminuer la violence des élèves, la violence étant “l’ensemble des comportements résultant d’un besoin acquis de rendre l’autre/les autres faibles, inconfortables et impuissants, pour pouvoir soi-même se sentir fort, confortable et puissant” ; qu’il distinguait de l’agressivité, “réaction vitale pour défendre ses besoins”. En très bref, il proposait du plaisir comme antidote à la violence, par le plaisir de résoudre (le cerveau sécrète alors de la dopamine), par le jeu (Piaget : tous les jeux sont apprentissages), par la motivation de sécurisation (pour Winnicott, l’enfant n’est pas capable d’élaborer dans le manque) : http://transformerlaviolencedeseleves.com
Un monsieur aux cheveux blancs et à l’allure (étymologiquement) bonhomme, Carl, a aussi parlé, expliquant pourquoi il avait payé la location du centre de conférence de Chambéry. Eduqué à la maison avec son frère, il était heureux de voir que cette information était partagée lors d’un colloque. Il voulait témoigner de sa réussite (il était l’heureux possesseur d’un garage et d’un site de vente de 4×4 avant de prendre sa retraite) et de celle de son frère, maçon et maire de son village, auprès des parents qui pourraient douter de ce choix.
Le colloque a été riche de toutes ces interventions, mais aussi de toutes les discussions informelles que l’on a pu avoir dans les couloirs, à table, dans les stands. Pour ma part, mise en présence avec tant de pédagogues remarquables qui ont sauvé des centaines d’enfants du manque d’estime de soi, mais confrontée de nouveau à une certaine incompréhension de leur part, j’ai pu préciser où nous divergions. D’autant que finalement j’appartiens aux deux familles, aux non-scolarisants et aux “pédago”, naguère révulsée par l’échec scolaire soigneusement entretenu par le système scolaire et attirée par la “pédagogie de projet” -j’ai découvert après coup que ce que j’avais initié en classe, lorsque j’étais enseignante, pouvait s’appeler ainsi.
Nos fondements sont communs : refus des notes, des jugements, refus de l’école comme matrice des hiérarchies sociales (quoique la pensée magique de l’élitisme républicain puisse vouloir nous le faire oublier), Sylvia Dorance a rappelé ces fondements communs.
Mais j’ai senti ensuite où nous divergions. Suite à ma présentation de Apprendre à lire en famille, on m’a reproché de ne pas avoir assez parlé de motivation de l’enfant : comme c’est la base pour les familles non-scolarisantes, de respecter la motivation des enfants en ne la détruisant pas par des motivations extérieures, je n’ai pas insisté là-dessus tant ce respect nous parait aller de soi. Les pédagogues, eux, s’employant avec énergie et talent de sauver les enfants scolarisés abimés, ont développé des idées et des outils pour remotiver les enfants, rendre les enfants acteurs de leurs apprentissages, mais pour notre part, nous essayons plutôt de ne pas abimer cette motivation.
On nous a reproché, dans notre livre Apprendre à lire en famille, de nous éloigner du sens -qui serait propre à l’approche de Foucambert et Smith- : mais le livre de Marlène Martin est justement en permanence dans l’accès au sens, il évite justement ces défauts des méthodes syllabiques : on lit toujours des mots qui font sens, l’enfant n’annone pas car il comprend ce qu’il lit. Par ailleurs, une famille non-sco est dans l’accès au sens en permanence : sans sens, l’enfant non-sco ne se laissera pas faire, il refusera tout net de faire quelque chose qui ne fait pas sens pour lui.
Une meilleure connaissance de l’apprentissage hors-école, auquel a contribué ce remarquable colloque, permettra probablement à ce que bientôt, il n’y ait point de divergence !
Un DVD vient d’être réalisé pour (re)voir ces interventions passionnantes, on peut le commander pour 20 E sur http://colloque.parentalite.free.fr/commandes.html.

Zinc de Livres à Vendôme

Bonjour à vous amies lectrices et amis lecteurs,

Nous vous souhaitons à tous une bonne rentrée, ou une bonne non-rentrée pour celles et ceux dont la vie simplement suit son cours à la maison ;).

Le mois de septembre s’annonce riche en événements dans notre maison, et tout d’abord avec ma participation à la rencontre auteurs-lecteurs de la manifestation Zinc de livres, à Vendôme, très jolie ville médiévale du Loir et Cher, à 40 minutes de TGV de Montparnasse.

zincdelivre J’animerai une rencontre-discussion autour de l’apprentissage de la lecture le dimanche 13 de 15h à 16h30 à la Bibliothèque, nous nous réjouissons à l’avance ! (Les petits sont bienvenus, ils pourront regarder des livres et jouer avec des lettres 😉 ).

Le site de Zinc de livres, qui reçoit des auteurs de renom : www.zincdelivres.fr

Un salut particulier au papa de notre amie Sonia Julaud ;).

A bientôt pour nos nouvelles aventures ;).

Notre nouveau bébé : 336 pages de papier recyclé :)

En ce début d’été, nous avons le grand plaisir de vous annoncer la parution de notre nouveau livre, Apprendre à lire en famille.

Nous voudrions vous remercier très chaleureusement, vous toutes et tous qui nous avez fait confiance en souscrivant à ce livre, parfois il y a plusieurs mois déjà : comme promis, vous avez pu le recevoir encore « tout chaud », juste sorti de l’imprimerie, avant même qu’il ne soit disponible en librairie (ce qui sera le cas dans les tout prochains jours).

Cette confiance nous honore et nous encourage, elle est entre vous et nous un lien précieux.

Nous attendons avec impatience vos commentaires et vos questions, rendez-vous sur

http://www.editions-instant-present.com/ALF

Bien sûr, nous travaillons déjà à nos projets suivants :

·         Tremblement de mères, bouleversant recueil de témoignages sur la difficulté maternelle, issus des membres de l’association Maman Blues (www.maman-blues.org), sortira à l’automne, il est à son tour en souscription sur notre site (http://www.editions-instant-present.com/tremblement-de-mères-p-12.html) et auprès de l’association.

·         Un livre qui témoigne de la relation toute particulière que créé l’allaitement prolongé, des nouvelles fortes, délicates et tendres, un nouvel opus de notre collection “Apprendre en famille”… Nous vous en dirons plus au fil des notes, revenez-nous lire !

Nous vous souhaitons de beaux moments de lecture estivale, pour vous et pour vos enfants.

Plus fort que l’éléphante, la gestation du livre

Voilà, les détails se règlent en ce moment avec l’imprimeur, et la maquette d’Apprendre à lire en famille rejoindra bientôt l’atelier où le livre sortira des ordinateurs pour devenir un objet…
1-mode-emploiC’est une aventure de 18 mois qui achève maintenant sa première étape.
Réfléchir, rassembler ses notes, jeter sur la page Word les idées, faire des recherches, construire, re-réfléchir, relire, organiser, revenir sur ce qui est écrit, noter les nouvelles idées, relire, corriger, reconstruire, faire relire, intégrer les idées pertinentes des relectrices, avoir du coup d’autres idées, faire des coupes, faire des plans généraux, être à l’affût d’exemples, lire encore d’autres travaux, discuter, re-reconstruire, ne pas faire de compromis… Réfléchir à la couverture, à la photo, au texte, épuiser la graphiste, changer cinq fois les couleurs et dix fois les motifs, un à un… Puis quatrième ou cinquième version du texte, qui a enfin sa structure, passer les annexes en annexe, reconstruire au niveau de chaque paragraphe, être impitoyable sur les redites, les approximations, penser toujours au(x) lecteur(s) qui doi(ven)t trouver le texte clair, intéressant, utile, pratique (penser aux renvois surtout)… relire et faire relire encore et encore, corriger le détail, les répétitions, la syntaxe et l’orthographe (parce que quand même !), trancher entre des tournures ou des synonymes, réfléchir à la mise en page, penser au lexique, uniformiser les titres… choisir une police, choisir les encadrés, choisir les photos… envoyer enfin le texte à la correctrice-maquettiste (tellement en retard), voir le texte se transformer en pages de livre, et encore des modifications par centaines, qui apparaîssent tellement mieux quand c’est le vrai livre qui lui aussi apparaît, le souci du mot juste, de la phrase fluide, du ton agréable… et la mise en page à adapter pour obtenir des fiches entières, une présentation évidente… et encore relire et relire, et corriger la typographie, jusqu’aux minuscules détails, caractère par caractère parmi des centaines de milliers…
Alors régler les détails avec l’imprimeur, c’est vraiment le bout du chemin ;). Merci de votre patience à tous, merci de votre confiance aussi.
(photo: Barbara Berrada)

Ma famille apprend à lire

Ce qui est fantastique quand on est éditeur, c’est qu’on peut lire les livres qu’on aime avant tout le monde. Un vieux rêve en ce qui me concerne : faire partie des happy few qui pour la première fois plongent dans un texte et voient leur vie changer… Peut-être que j’aime cet aspect-là de notre travail plus encore que le privilège de pouvoir publier des textes importants à mes yeux.

apprendre_a_lire_en_familleLe livre de Marlene Martin a changé ma vie et celle de mes enfants.

Il m’a permis d’identifier formellement ce que je ressentais chez ma fille, à savoir que son profil d’apprentissage est incompatible avec les méthodes de lecture conventionnelles. Une fois que nous avons compris cela, nous avons pu répondre à ses demandes d’aide pour apprendre à lire en parfaite adéquation avec ses besoins. Et c’est allé très vite !

Pour mon fils, je me suis laissée guider par les suggestions de Marlene : je joue avec les lettres, comme je jouerais de n’importe quel élément de notre environnement. Sans attente particulière, suivant les demandes de l’enfant. Une des fonctions essentielles du jeu est qu’il permet au cerveau et au corps de “jouer” (justement) des scènes qui auront lieu dans sa vie. Garder vivant l’esprit du jeu, la lucidité, la légèreté, l’absence d’évaluation, est ce qui permet d’aborder n’importe quel aspect de la vie future de façon à la fois constructive et plaisante. Il suffit de rester humble – notre rôle se limite souvent à présenter les éléments que l’enfant va apprendre à manipuler – et surtout d’avoir confiance que l’enfant piochera ce qu’il a à piocher.

Dans notre salle de bains, un grand miroir sur lequel j’ai régulierement ecrit des petits mots tendres pour ma fille. Mon fils s’y est intéressé, et nous avons commence a jouer avec ce miroir. Voici une photo ou il designe le O, une lettre qu’il aime particulièrement 🙂

On peut télécharger ici une série d’extraits de “Apprendre à lire en famille”. Soyez parmi les premiers à déflorer ce texte qui changera surement votre vie…

http://www.editions-instant-present.com/apprendre-à-lire-en-famille-p-10.html

Lupin-O

 
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